Ce qui marche sur un bouchon récent
La ventouse
Elle reste l'outil le plus sous-estimé de la maison. Sur un évier ou un lavabo qui se vide lentement, quelques allers-retours francs suffisent souvent, à condition de boucher le trop-plein avec un chiffon humide pour que la pression travaille dans le tuyau et pas dans la pièce.
Le siphon
Le démontage du siphon vient juste après. Un seau dessous, on dévisse le culot à la main, et dans la moitié des cas le bouchon est là : cheveux, savon, résidus alimentaires. Cinq minutes de travail, zéro produit, et on en profite pour rincer le siphon avant de le remonter, joints bien en place.
Le mélange bicarbonate et vinaigre blanc
Il entretient plus qu'il ne débouche. Versé chaque semaine dans une évacuation de cuisine, suivi d'eau très chaude, il limite l'accumulation des graisses. Sur un bouchon déjà formé, il mousse beaucoup et dissout peu.
Le furet, pour aller plus loin
Sous l'effet de la rotation
Quand le bouchon résiste au siphon et à la ventouse, le furet manuel prend le relais. Cinq à dix mètres de câble, une manivelle, et un geste qui compte plus que la force : tourner en poussant, jamais forcer en ligne droite. Un furet enfoncé sans rotation se plie au premier coude et s'y coince.
Graisse figée
Sur une évacuation de cuisine encrassée de graisse figée, le furet manuel traverse le bouchon sans l'éliminer : il fait un trou dedans, l'eau repart, et le problème revient trois semaines plus tard. C'est le signe qu'il faut passer à autre chose.

Évacuation de cuisine avant et après intervention : la graisse figée réduisait le passage à quelques millimètres
Ce qui abîme : les produits chimiques à répétition
Le déboucheur chimique du commerce
À base de soude ou d'acide, est efficace une fois de temps en temps sur un bouchon organique. Utilisé à répétition, c'est une autre histoire :
- la soude caustique chauffe en réagissant et fatigue les joints;
- l'acide attaque les métaux et, dans les canalisations anciennes, accélère la corrosion.
Et un tuyau plein de produit qui n'a pas fonctionné devient un piège pour la personne qui intervient ensuite, professionnel compris.
Mélange interdit
Deux produits différents versés l'un après l'autre, enfin, peuvent réagir entre eux. Le mélange d'un déboucheur acide et d'un déboucheur basique dégage de la chaleur et des vapeurs dans un espace confiné. C'est la combinaison à ne jamais tenter, même quand l'eau stagne et que la patience s'épuise.
Quand le problème n'est plus dans le siphon
Bouchon sur la colonne ou le collecteur
Certains signes indiquent que le bouchon est plus loin que ce qu'un particulier peut atteindre. L'eau qui remonte dans la douche quand on vide l'évier : les deux évacuations se rejoignent, le bouchon est après la jonction. Plusieurs équipements lents en même temps : le problème est sur la colonne ou le collecteur. Des glouglous dans les canalisations : l'air passe mal, souvent à cause d'un bouchon partiel en profondeur.
Appel à une professionnel
À ce stade, le matériel change de catégorie : furet électrique, caméra d'inspection, parfois hydrocurage. En Île-de-France, des entreprises de dépannage comme Plombier Express interviennent pour ce type d'obstruction profonde, avec le matériel qui évite de démonter la moitié de la cuisine pour retrouver un écoulement normal.
La règle des deux essais
Un principe simple évite la plupart des dégâts : deux tentatives raisonnables, pas plus. Ventouse puis siphon, ou siphon puis furet. Si l'eau ne repart pas après ça, insister ne fait qu'aggraver, surtout à coups de produits. Un bouchon traité tôt se règle en une intervention courte. Le même bouchon noyé sous trois litres de déboucheur chimique se termine en remplacement de canalisation.
Le bon bricoleur n'est pas celui qui vient à bout de tout. C'est celui qui sait où s'arrête son terrain.