Par Christian PESSEY, journaliste spécialisé construction, bâtiment et habitat
L'obligation de ramoner les conduits de fumée n'est pas nouvelle. Elle est instaurée par les règlements sanitaires départementaux, unifiés depuis 2023. Les ramoneurs professionnels garantissent la qualité du ramonage au regard du règlement et des assureurs. Une question se pose néanmoins : peut-on le faire soi-même?
Aucune loi nationale n’interdit explicitement le ramonage par soi-même. Le problème ne concerne pas l'action elle-même mais la preuve de la qualité du travail, l'attestation de ramonage, que seul un ramoneur professionnel peut fournir. Si un sinistre survient, l'assureur le réclamera au propriétaire ou à l'occupant et à défaut, il pourra engager sa responsabilité et contester l'indemnisation..
Un ramonage consiste à éliminer la suie, les résidus de combustion (calcin) et surtout le bistre, substance hautement inflammable responsable de nombreux feux de cheminée.
Avec un hérisson et des cannes adaptées, un particulier peut nettoyer une partie du conduit. Mais cette opération reste limitée. Elle ne permet ni :
Or ce sont précisément ces défauts invisibles qui sont à l’origine de nombreux accidents domestiques.
Les statistiques des assureurs et des pompiers montrent que les feux de cheminée restent fréquents, notamment dans les logements chauffés au bois. Les risques associés à un ramonage insuffisant sont connus :
À cela s’ajoutent les risques corporels, notamment lors d’interventions en toiture.
Le ramonage réalisé par soi-même peut représenter une économie immédiate, mais il n’offre aucune sécurité juridique. À l’inverse, le ramonage professionnel reste une opération à coût maîtrisé, assortie d’un contrôle visuel, d’un certificat et d’une traçabilité reconnue.
Le ramonage “maison” peut constituer un complément d’entretien, mais il ne remplace pas une intervention certifiée. Pour la sécurité des occupants, la conformité réglementaire et la protection assurantielle, le recours à un professionnel du ramonage deux fois est la règle.

Christian PESSEY