La reconstruction est-elle toujours autorisée ?
En principe, une maison détruite par un incendie peut être reconstruite à l'identique, même si les règles d'urbanisme ont évolué depuis sa construction. Le Code de l'urbanisme prévoit en effet ce droit, cependant sous certaines conditions.
Les conditions de reconstruction
Ce droit permet de rebâtir un logement présentant les mêmes caractéristiques que celui qui existait avant le sinistre :
- implantation,
- volume,
- hauteur
- surface.
Encore faut-il que le bâtiment ait été légalement construit et que la demande intervienne dans un délai compatible avec les règles en vigueur.
En revanche, si le terrain se trouve aujourd'hui dans une zone devenue inconstructible, par exemple en raison d'un risque naturel (inondation, mouvement de terrain, incendie de forêt) la reconstruction peut être limitée, voire interdite.
Un permis de construire est généralement indispensable
Même lorsqu'il s'agit de reconstruire une habitation détruite, un permis de construire est presque toujours nécessaire. Si la démolition est inévitable, le permis de démolir sera conjoint à celui de construire. Celui-ci est valable 10 ans après l'incendie.
Le dossier de permis de construire
Il devra comprendre :
- les plans du futur bâtiment,
- les justificatifs de propriété,
- les éléments permettant d'établir l'existence de la maison avant l'incendie.
Des photographies, l'ancien permis de construire ou encore des plans cadastraux pourront être demandés.
Avant de déposer le dossier, il est recommandé de consulter le service urbanisme de la mairie afin de vérifier les contraintes du Plan local d'urbanisme (PLU) et les éventuelles prescriptions architecturales.
L'assurance joue un rôle déterminant
Il faut noter qu'en cas de feux de forêt, le sinistre n'entre pas dans la cadre des catastrophes naturelles. La possibilité financière de reconstruire dépend donc largement du contrat d'assurance multi-risques habitation qui couvre les incendie.
Si le logement était correctement assuré contre l'incendie, l'assureur missionnera un expert afin d'évaluer l'ampleur des dégâts et le montant de l'indemnisation. Celle-ci dépend de plusieurs critères :
- valeur du bien,
- garanties souscrites,
- franchise,
- vétusté,
- coût réel de la reconstruction.
Autres garanties contractuelles
Certaines assurances prennent en charge les frais de démolition, de déblaiement, de relogement temporaire, voire les honoraires d'architecte. D'autres appliquent des plafonds qui peuvent laisser un reste à charge important. Il est donc essentiel de relire attentivement son contrat.
Les premières démarches après le sinistre
Après l'intervention des secours, il faut déclarer le sinistre à son assureur dans les délais prévus au contrat, généralement dans les cinq jours ouvrés.
Conserver les preuves du sinistre
Il est également conseillé de conserver toutes les preuves des dommages : photographies, vidéos, factures des biens détruits et documents relatifs à la construction. Ces éléments faciliteront le travail de l'expert et accéléreront l'indemnisation.
Nota : si la structure présente un danger, la commune peut prendre un arrêté interdisant l'accès au bâtiment jusqu'à sa sécurisation.
Bien préparer son projet de reconstruction
La reconstruction de la maison peut être l'occasion aussi l'occasion d'améliorer la maison. Rien n'oblige à reproduire exactement l'ancien bâtiment si le PLU autorise un nouveau projet. C'est l'occasion de renforcer l'isolation, d'améliorer les performances énergétiques, d'installer des équipements plus économes ou d'adapter le logement aux besoins actuels de la famille.
Avant de signer les devis, il est préférable de vérifier que le budget de reconstruction correspond bien à l'indemnisation versée par l'assurance et d'anticiper les éventuels surcoûts liés aux nouvelles normes de construction.
Une bonne coordination ar un maître d'œuvre entre l'assureur, la mairie, l'architecte et les entreprises permet généralement de raccourcir les délais et d'aborder cette reconstruction dans les meilleures conditions.