Retour des logements passoires thermiques sur le marché locatif

Les logement passoires thermiques sont un fléau, autant pour les locataires ou propriétaires occupants que pour la collectivité qui supporte globalement un gaspillage d'énergie au niveau national. En 2026, les logements dont le DPE est F et G ne peuvent plus être loués. Leur situation risque de changer si le projet de loi Lecornu est voté par l'Assemblée Nationale. Pour faire face au déficit de constructions et au manque de logements sur le marché locatif, la Gouvernement envisage de ré-autoriser leur mise en location sous condition d'un engagement de faire réaliser des travaux d'amélioration du DPE sous 3 ans (maisons individuelles) ou 5 ans (logements en copropriété)? Mais en fait, un logement passoire thermique, c'est quoi?  

Une notion entrée dans le langage courant

Le terme de passoire thermique désigne un logement très mal isolé, qui laisse échapper la chaleur en hiver et la fraîcheur en été, entraînant une consommation énergétique excessive et un confort très dégradé.

Concrètement, ces habitations se repèrent grâce au diagnostic de performance énergétique (DPE). Les logements classés F ou G sont considérés jusqu'en 2026 comme des passoires thermiques. Ils représentent encore une part importante du parc immobilier français, notamment dans les bâtiments anciens.

Une définition encadrée juridiquement

Sur le plan légal, la notion ne relève pas seulement du langage courant. Elle s’inscrit dans une série de mesures visant à améliorer la performance énergétique des logements.

Depuis plusieurs réformes, jusqu'en 2026, la loi encadre progressivement ces biens :

  • interdiction d’augmenter les loyers pour les logements classés F et G;
  • obligation d’un audit énergétique lors de la vente de certains biens;
  • interdiction progressive de mise en location des logements les plus énergivores;

Ces dispositions visent à contraindre propriétaires et bailleurs à engager des travaux. À terme, louer une passoire thermique deviendrait tout simplement illégal. L'évolution de la loi pourrait inverser totalement la tendance.

Des occupants premières victimes

Les premières victimes de ces logements sont les locataires et propriétaires occupants modestes. Ils subissent une double peine :

  • des factures énergétiques élevées;
  • un confort thermique insuffisant.

En France, plus de 35 % des occupants de logements déclarent couper le chauffage en hiver pour cause de précarité énergétique (source : Médiateurs de l'énergie)

En hiver, la chaleur s’échappe malgré le chauffage. En été, la température intérieure grimpe rapidement. Cette situation peut aussi avoir des conséquences sur la santé, avec des risques accrus liés à l’humidité ou aux variations de température. Les ménages concernés disposent souvent de peu de moyens pour engager des rénovations lourdes, ce qui accentue les inégalités.

Quelles solutions pour sortir de la passoire thermique ?

Face à ce constat, plusieurs leviers existent pour améliorer la situation. La rénovation énergétique reste la clé, avec des interventions ciblées et progressives.

Parmi les actions prioritaires :

  • isolation des murs, toitures et planchers pour limiter les pertes;
  • remplacement des systèmes de chauffage par des équipements plus performants;
  • installation de fenêtres à double vitrage;
  • recours aux aides publiques pour financer les travaux (MaPrimerénov', CEE, TVA à taux réduit, aides locale).

Des dispositifs d’accompagnement (France Rénov') permettent aujourd’hui d’orienter les propriétaires dans leurs démarches, tant sur le plan technique que financier.


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