Location des logement F et G : une association de défense des consommateurs (CLCV) s'exprime

Le gouvernement a annoncé le 23 avril 2026 un projet de loi logement qui permettrait la location de logement passoires thermiques, classés F et G, et qui devrait être débattu avant l’été. Entre empilement de mesures, disparition du rôle de l’État sur le logement social, et autorisation des passoires thermiques, le gouvernement fait le choix du renoncement après 10 ans sans boussole.

Un cadeau pour les propriétaires

Le gouvernement veut autoriser la location des passoires thermiques en échange de la signature d’un contrat entre bailleurs et entreprises pour la réalisation de travaux. Mais le texte est muet sur les modalités de cet engagement, les conséquences en cas d’absence de réalisation des travaux d'économie d'énergie et, surtout, les modalités d’indemnisation des locataires pour la période durant laquelle ils occuperont une passoire énergétique, avec toutes les conséquences qui en découlent en termes de mal-logement et de hausse des factures.

Une délai de 3 à 5 ans

Le gouvernement laisse ainsi entre 3 et 5 ans aux propriétaires pour réaliser les travaux en question. Un délai qui correspond à celui issu de la loi Climat et Résilience puisque le calendrier d’interdiction des passoires énergétiques (2025 et 2028) date de 2021. Reculer (encore) pour mieux sauter, et ce alors même que les réformes successives du DPE ont fait sortir près d’un million de logements de la catégorie des passoires thermiques, ceci d’un simple trait de plume. Depuis près de 20 ans, nombre de bailleurs ne se sont pas saisis des outils à leur disposition pour réaliser des travaux d'économie d'énergie : DPE et audit énergétique, fonds de travaux, plan pluriannuel de travaux... Pire, leur absence aux assemblées générales de copropriétés a pu ralentir les prises de décision sur la réfection des immeubles. En faisant le choix de laisser encore plus de temps aux bailleurs, sans réel encadrement ni réflexion sur l’indemnisation des locataires, le gouvernement se fait le chantre de la procrastination, récompensant ainsi les bailleurs qui n’ont réalisé aucuns travaux alors que d’autres ont pu se lancer dans des opérations de rénovation énergétique.

Le choix du clientélisme municipal

Le gouvernement abandonne l’attribution des logements sociaux par le préfet, garant du droit au logement obligatoire (DALO). Alors que les plus pauvres ne peuvent plus se loger et que la file d’attente atteint plus de 3 millions de ménages, le gouvernement préfère déléguer aux maires cette attribution. Un mois plus tôt, l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dénonçait le refus des maires de loger les plus précaires. À cela se rajoutent les risques de clientélisme local et de corruption. On retrouve les vieilles recettes du projet de loi Kasbarian, refusé par l’Assemblée, au lieu d’une politique volontariste de construction de logements abordables.

Un engagement creux sur l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU)

Le gouvernement souhaite relancer la politique de renouvellement urbain. Si l’intention est louable, il n’engage aucune somme en ce sens malgré les enjeux pour nos quartiers. Il faut dire que l’État est un mauvais payeur, continuellement en retard sur ses versements aux projets, plongeant l’ANRU depuis 2 ans dans le rouge. Croire à une volonté quelconque de la part de l’État sur ce sujet, à moins d’un an d’une élection présidentielle, relève de la gageure. Depuis 2017, le gouvernement n’a mené aucun projet pour le logement, préférant l’inaction et la hausse des prix plutôt que la production et le soutien aux ménages.

Les demandes de la CLCV

Face à un projet de renoncement, la CLCV demande :

  • la baisse automatique des loyers des passoires thermiques pour les locataires en place, à charge pour le bailleur de saisir le juge, en appliquant les loyers minorés dans les zones tendues (plafonnement ANAH par exemple ou, lorsque le bien est situé en zone d’encadrement des loyers, loyer de référence minoré défini par arrêté préfectoral);
  • la réalisation obligatoire des travaux par le préfet comme pour les logements insalubres;
  • le renforcement des contrôles sur les attributions de logements sociaux;
  • la construction de logements sociaux adaptés à toutes les classes sociales éligibles (des plus précaires aux classes moyennes) afin de loger dignement nos concitoyens.
  • défendre les consommateurs,
  • représenter les locataires,
  • promouvoir l’éducation populaire
  • faire entendre la voix des usagers du système de santé.

    A propos de la CLCV

    Créée en 1952, la CLCV est une association indépendante de toute influence politique, syndicale ou religieuse. Présente à l’échelle nationale et locale, elle agit pour :

    Ancrée dans le quotidien, la CLCV s’appuie sur les préoccupations concrètes des citoyens pour mener ses actions.  Elle dispose de l’agrément pour mener des actions collectives et des actions de groupe en justice. Elle est également membre du BEUC (Bureau Européen des Unions de Consommateurs).

Pour en savoir, plus rendez-vous sur www.clcv.org


Cet article peut vous intéresser :

image

Retour des logements passoires thermiques sur le marché locatif

Les logement passoires thermiques sont un fléau, autant pour les locataires ou propriétaires occupants que pour la collectivité qui supporte globalement un gaspillage d'énergie au niveau national. En 2026, les logements dont le DPE est F et G ne peuvent plus être loués. Leur situation risque de changer si le projet de loi Lecornu est voté par l'Assemblée Nationale. Pour faire face au déficit de constructions et au manque de logements sur le marché locatif, la Gouvernement envisage de ré-autoriser leur mise en location sous condition d'un engagement de faire réaliser des travaux d'amélioration du DPE sous 3 ans (maisons individuelles) ou 5 ans (logements en copropriété)? Mais en fait, un logement passoire thermique, c'est quoi?  

Notre sélection

image

Réparer les WC

La réparation des WC passe très souvent par le remplacement du robinet flotteur. Tuto pour tout vous expliquer

image

Le point sur l'amiante

Si votre  maison a plus de 20 ans, elle peut contenir des MCA (matériaux contenant de l'amiante) ! Pas de panique,  on fait le point dans notre flash news n°3 spéciale  Amiante  et ses  dangers  avec  Christian Pessey

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

Les derniers conseils maison

image

Échafaudage roulant robuste : l'allié fiable des chantiers exigeants

Un échafaudage roulant accompagne chaque équipe BTP dans ses travaux en hauteur, du ravalement de façade à la pose d'éléments techniques. Sur un chantier exigeant, la robustesse de cet équipement conditionne autant la sécurité des opérateurs que la cadence des travaux. Entre aluminium, acier, hauteur de travail et prix, plusieurs critères méritent votre attention avant de choisir le matériel le mieux adapté à vos besoins. Voici les repères essentiels pour faire un choix éclairé et durable.

image

Quels sites e-commerce proposent des clic-clac à moins de 300 € ?

Les clic-clac à moins de 300 € se trouvent principalement sur les sites généralistes (Cdiscount, Amazon, Rue du Commerce), les pure players déco et les enseignes de mobilier économique. À ce budget, nous vous conseillons de vérifier trois points : densité du matelas, structure du sommier et dimensions en position lit.

image

Réédition du célèbre fauteuil Vanity Fair XC

Pour célébrer les 40 ans de sa division In Motion, Poltrona Frau dévoile le Vanity Fair XC In Motion , une édition limitée à 40 pièces numérotées. Né en 1930 d'un dessin de Renzo Frau, ce fauteuil emblématique devient une pièce de collection, célébrant quatre décennies d'expertise dans l'aménagement d'intérieurs automobiles, aéronautiques et nautiques — depuis les créations sur-mesure pour Vincenzo Lancia jusqu'à la Lancia Thema 8.32 à moteur Ferrari qui a lancé In Motion en 1986.

image

Passoire thermique : construire son plan de financement

Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) se négocie moins cher qu’un bien équivalent mieux noté. Mais le prix d’achat décoté n’est qu’une ligne du budget. Les travaux de rénovation énergétique, les aides de l’État, le crédit immobilier et l’assurance qui l’accompagne s’ajoutent au calcul. Construire un plan de financement complet, avant de signer une offre, évite les mauvaises surprises en cours de chantier.

image

Le béton de chaux : dosage, gâchage, utilisations

La chaux étant un liant hydraulique , au même titre que le ciment, elle est très utilisée en maçonnerie et depuis très longtemps, pour maçonner des pierres et réaliser des enduits. Elle peut donc tout à fait être utilisée pour réaliser du béton, notamment pour la réalisation de dalles flottantes sur hérisson. Les précaution par temps froid ou quand il gèle doivent être prises. Par Christian PESSEY Journaliste de la construction

image

Fissures dans une maison : reconnaître celles qui doivent vous alerter

Une fissure vient d'apparaître sur votre façade ou dans votre salon, et la question tourne en boucle. La réponse tient en quatre repères : la largeur, le caractère traversant, le décalage des lèvres et l'évolution dans le temps. Au-delà de deux millimètres, sur un mur porteur, ou dès qu'une fissure s'allonge de semaine en semaine, il faut un avis. En dessous, la surveillance suffit souvent. Ce guide détaille ces repères, la méthode pour suivre une fissure sans la reboucher trop tôt, la cause qui domine aujourd'hui les sinistres en maison individuelle, et le cadre d'indemnisation qui s'est nettement resserré. Par Christian PESSEY Journaliste de la construction

image

Abîmez-vous votre gazon sans le savoir ? Voici 7 erreurs de tonte à éviter

Vous trouvez parfois que l’herbe est plus verte chez votre voisin ? Certaines habitudes de tonte fragilisent peut-être votre pelouse sans que vous vous en rendiez compte. Ces erreurs sont plus fréquentes qu’on ne le pense, y compris chez les jardiniers expérimentés. Or, la tonte est au cœur de l’entretien du gazon : mal réalisée, elle affaiblit les racines et favorise l’apparition de maladies et de ravageurs. Voici sept erreurs courantes, ainsi que les bonnes pratiques à adopter pour conserver une pelouse dense, saine et verdoyante.