Ciment, chaux : les liants hyrauliques

La chaux et le ciment sont ce qu'on appelle les "liants hydrauliques" (ainsi nommés parce qu'ils durcissent au contact de l'eau). Ils doivent faire l’objet d’une sélection rigoureuse, en fonction de l’ouvrage à réaliser. Sachez accorder les matériaux avec l’environnement et utilisez, pour les constructions extérieures, la pierre de pays. Le plâtre est aussi considéré comme un liant dans certaines de ses utilisations : lorsque, par exemple, il sert à l’assemblage de panneaux ou de carreaux de brique ou de plâtre. Mais, à la différence du ciment et de la chaux, il est utilisé seul, pour sceller un objet ou pour former un enduit.

Le ciment

C’est un matériau très ancien, plus complexe que la chaux. Sa fabrication à grande échelle, mise au point au début du XIXème siècle, à Portland (d’où l’appellation “ciment Portland“), demande des moyens industriels. Le ciment est le produit du broyage d’une roche artificielle appelée “klinker”, résultant de la cuisson à très haute température d’un mélange de calcaire et de chaux. À la poudre de klinker, on ajoute 5 % de gypse. La résistance et la cohésion du ciment sont incomparablement supérieures à celles de la chaux, d’où son adoption quasi générale, ces qualités étant particulièrement adaptées aux exigences de la construction contemporaine.

La chaux hydraulique

C’est sans doute le liant le plus ancien, celui qui est utilisé depuis des siècles par les maçons. Ce matériau résulte de la cuisson d’un mélange de calcaire (plus de 90 %) et d’argile. Un matériau donc facile à obtenir en toutes régions, même sans moyen de transformation important.

La chaux constitue un liant de qualité, mais qui présente une résistance nettement moindre que celle du ciment, et qui convient surtout à l’association d’éléments de maçonnerie s’assemblant bien entre eux et offrant ainsi une certaine cohésion naturelle. C’est, par exemple, le cas des pierres non taillées, dont l’assemblage se fait parfois sans aucun liant (maçonnerie à pierres sèches), par simple empilement, avec uniquement un apport d’argile ou simplement de terre argileuse de calage.

Une normalisation précise

Le rôle essentiel joué par les liants dans la construction a conduit à l’établissement d’une normalisation très précise (découlant de la norme européenne EN-197-1) fondée sur les critères de résistance du béton ou du mortier que l’on obtient avec tel ou tel liant. La norme NF reste en vigueur, mais le marquage européen tend à s’imposer. Il est possible d’identifier les différents liants hydrauliques en fonction des informations présentées sur les sacs sous forme de lettres et de chiffres :

• le marquage CE signifie que le produit satisfait aux réglementations en matière de santé, de sécurité et de respect de l’environnement au plan européen,

• les lettres concernent la nature propre à chaque liant, révélant souvent également son mode de fabrication (exemples : CPA – ou CEM I – pour ciment Portland artificiel, CPJ – ou CEM II – pour ciment Portland composé). Le critère de résistance mécanique à la compression (mesuré à vingt-huit jours) est précisé par des chiffres (32,5 - 42,5 - 52,5), qui correspondent à la résistance en newton/mm2 (l’ancienne normalisation s’exprimait en bar/m2, soit 325 - 425- 525),

• l’étiquette des sacs porte le label de norme NF et le label EN (exemple : NF - P 15-301 ou EN 197-1 pour le ciment courant) ; un label supplémentaire, attestant que le produit a été accrédité par un autre organisme de contrôle, est parfois associé au label de base (exemple : VP pour Ville de Paris, tel ciment ayant satisfait aux tests des services techniques de la capitale).

Présentation et stockage des liants

La chaux et le ciment sont livrés habituellement dans des sacs de 35 kg en papier fort. Cet emballage est suffisant pour contenir le liant en poudre, mais il ne garantit pas une étanchéité totale à l’air et à l’humidité. Après achat, le liant doit être utilisé assez vite, faute de quoi il risque de s’éventer, perdant tout pouvoir ou bien durcissant spontanément sous l’effet de l’humidité. Un sac ouvert doit être utilisé rapidement. Il faut, dans tous les cas, bien le refermer, si possible en le capuchonnant avec de la matière plastique.

Pour de petits travaux, vous trouverez dans le commerce de petits conditionnements (5  kg, par exemple) ; mais il faut savoir que le prix du liant au kilo est alors beaucoup plus élevé. Ne commandez pas trop de sacs à la fois. En attendant de les utiliser, disposez-les sur des claies en bois (palettes, par exemple) ou sur des planches, jamais directement en contact du sol, où se produisent souvent des remontées d’humidité. Pour les mêmes raisons, évitez que les sacs ne touchent un mur.

Les adjuvants

Tous ces produits très simples font l’objet de modifications par adjonction d’adjuvants qui en améliorent les qualités en fonction d’utilisations données : rapidité de prise, augmentation de la résistance, amélioration de la plasticité pour la mise en œuvre, etc. Il ne faut donc pas hésiter à demander au vendeur les additifs qui facilitent le travail et renforcent les qualités de la maçonnerie.

Mis à jour le 3 août 2025

 

 

 

 


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