Le prix d’achat et sa décote
Une décote de 10 à 25 % selon la localisation
Un bien classé F ou G s’achète souvent moins cher qu’un logement équivalent mieux classé. Selon Selectra, l’écart de prix atteint 10 à 25 % selon le marché local. Les données de SeLoger, publiées en janvier 2025, chiffrent une décote de 457 € par mètre carré pour un bien classé G. Pour un bien classé F, l’écart tombe à 448 €. La marge de négociation grimpe aussi : 6,1 % pour un logement noté G, contre 3,6 % pour un bien classé A.
Ce que cette décote doit couvrir avant de signer
La décote ne représente pas une économie automatique. Le Crédit Agricole recommande de comparer le coût total, prix d’achat décoté plus travaux, au prix d’un bien équivalent déjà rénové. Si le total dépasse ce prix de marché, l’opération perd son intérêt.
Un risque revient souvent dans les retours d’expérience : sous-estimer le coût des travaux, ou découvrir une contrainte technique une fois le chantier commencé (mur porteur, réseau électrique à refaire, amiante à désamianter). La facture grimpe alors au-delà de la décote initiale.
Le budget travaux et les aides mobilisables
Combien coûte la rénovation énergétique d’une passoire thermique
Le montant des travaux dépend de l’ampleur du chantier et de la surface du logement. Pour une rénovation ciblée, de G à E, Renta-immo estime la facture entre 8 000 et 15 000 € pour un T3 de 70 m². Cette fourchette couvre:
- l’isolation des combles,
- le changement des fenêtres,
- la ventilation mécanique.
Pour une rénovation globale visant les classes A ou B, l’étude Effinergie chiffre un coût moyen de 55 894 €. Les projets vont de 23 000 à 129 000 € selon l’état initial du bien. Pour un chantier plus simple, Monsieur Peinture avance une fourchette de 10 000 à 60 000 € selon la taille du logement.
| Objectif de rénovation |
Budget indicatif |
| De G à E (rénovation ciblée) |
8 000 à 15 000 € |
| Rénovation globale (classe A ou B) |
23 000 à 129 000 €, moyenne 55 894 € |
MaPrimeRénov’, éco-PTZ et les aides cumulables
Trois aides publiques réduisent la facture.
- MaPrimeRénov’, dans son parcours accompagné, plafonnée à 32 000 € depuis septembre 2025, contre 63 000 € auparavant
- L’éco-prêt à taux zéro, jusqu’à 50 000 € sur 20 ans pour un gain énergétique d’au moins 35 %
- Le prêt à taux zéro ancien, en zone B2 ou C, qui finance jusqu’à 50 % de l’opération si les travaux représentent au moins 25 % du coût total
Un cas cité par CAFPI illustre le mécanisme. Un primo-accédant a emprunté 110 000 € pour l’achat d’un bien, avec 40 000 € de travaux nécessaires pour passer de G à E. Il disposait de 22 000 € d’épargne. MaPrimeRénov’, l’ADIL et son conseil régional ont complété avec 18 000 € d’aides, soit près de la moitié de la somme restante.
Ces aides ne se cumulent pas systématiquement. MaPrimeRénov’ et la prime énergie ne se combinent que dans le cadre du parcours décarboné.
Le crédit immobilier et son assurance
Une fois le prix d’achat, les travaux et les aides posés, reste le crédit immobilier, et l’assurance qui l’accompagne. Les banques exigent désormais un plan de financement précis, devis de travaux à l’appui, avant d’accorder le prêt.
Le poids de l’assurance emprunteur dans le budget total
Quand le prêt travaux est intégré au crédit immobilier, le capital emprunté augmente. L’assurance emprunteur se calcule sur ce capital, ce qui alourdit son coût, même si le taux appliqué reste identique. Selon une simulation Magnolia pour 2026, un contrat groupe bancaire affiche un taux annuel effectif d’assurance moyen de 0,34 %, contre 0,09 % en délégation pour un profil jeune en bonne santé.
| Tranche d’âge |
TAEA en délégation |
TAEA en contrat groupe |
| 25 à 35 ans |
0,08 % à 0,15 % |
0,25 % à 0,40 % |
| 45 à 55 ans |
0,30 % à 0,55 % |
0,55 % à 0,80 % |
Le DPE du bien financé n’entre pas dans ce calcul. Aucune donnée officielle ne relie la classe énergétique à la tarification de l’assurance emprunteur. Seul le montant emprunté en dépend, indirectement, à travers le prêt travaux. Le mécanisme complet, notamment l’écart de prix entre un contrat bancaire et une délégation, est détaillé sur duret-cottet.fr.
Comparer les contrats avant de signer
Les banques présentent en priorité leur propre contrat d’assurance, appelé "contrat groupe". Elles touchent une commission dessus, ce qui explique pourquoi un contrat d’un assureur extérieur, sans lien avec elles, est rarement mis en avant au guichet.
La loi n’impose pourtant aucune obligation de passer par ce contrat groupe. Le principe d’équivalence des garanties, fixé par l’article L313-30 du code de la consommation, autorise tout emprunteur à présenter un contrat concurrent, à condition que les garanties soient au moins équivalentes. Une grille du Comité consultatif du secteur financier fixe ces critères d’équivalence : 18 au total, dont 11 au maximum retenus par chaque banque.
Comparer plusieurs contrats avant de signer donne le temps de vérifier cette équivalence. Santiane est courtier en assurance emprunteur et peut mener cette comparaison pour le compte de l’acheteur.
Le contrat de la banque n’est pas la seule option, même après la signature. La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, autorise la résiliation de l’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre une date anniversaire ni payer de pénalité. Ce changement ne dépend d’aucune condition liée au DPE du logement. Il reste ouvert à tout moment du crédit, quel que soit l’état énergétique du bien financé.