Pourquoi le noir transforme nos logements en pièges à chaleur
Les modes esthétiques n'ont en principe qu'un impact affectif et sensoriel. On aime ou on n'aime pas telle couleur, tel aspect, mat ou brillant. Mais il est un couleur, à différents degrés, qui a un impact important : c'est le noir et en général tous les coloris sombres. Le noir et toutes les teintes sombre absorbent la chaleur avec un impact important sur la construction, les équipement et le confort dans les logements.
En plein été, il suffit de toucher une voiture noire et une autre blanche, garées au soleil, pour mesurer immédiatement la différence : La carrosserie de la voiture noire devient brûlante en quelques minutes alors que la blanche met beaucoup plus de temps pour chauffer :
le noir absorbe jusqu'à 90 % du rayonnement infrarouge solaire et stocke la chaleur ;
le blancs et les couleurs claires réfléchissent une grande partie du rayonnement solaire.
Ce phénomène des conséquences très concrètes sur les bâtiments, les équipements extérieurs et le confort quotidien. L'énergie solaire qui les frappe, si la surface est noire monte beaucoup plus vite en température qu’une surface blanche ou beige exposée au soleil d'une même intensité
Sur une façade, un portail ou une porte métallique ou des volets roulants, l’écart peut être spectaculaire. En période de forte chaleur, certains matériaux sombres dépassent facilement les 70 °C en surface. Il est impossible de les toucher.
Des équipements extérieurs parfois difficiles voire impossibles à utiliser
Cette montée en température concerne directement les équipements installés autour des habitations. Les portes métalliques foncées, les stores intérieurs anthracites ou encore les volets noirs (battants ou roulants) emmagasinent énormément de chaleur pendant la journée. et les restituent dans le logement, surtout si les fenêtres sont ouvertes
Dans certaines maisons récentes, les menuiseries sombres sont devenues un choix esthétique dominant. Pourtant, en été, elles peuvent rapidement devenir difficiles voire impossible à manipuler. Les poignées chauffent, les lames de volets roulants se dilatent davantage et certains matériaux vieillissent plus vite sous l’effet des cycles thermiques répétés. Les volets sombres en composite sont très sensibles à la dilatation et peuvent ne plus s'ouvrir
Les stores bannes ou à projection sont eux aussi concernés. Un tissu sombre absorbe davantage le rayonnement solaire et diffuse ensuite une partie de cette chaleur vers les fenêtres et sur les terrasses. À l’inverse, des toiles plus claires limitent l’échauffement global.
La couleur des bâtiments influence le confort intérieur
L’impact ne s’arrête pas aux équipements visibles. Les couleurs utilisées sur les façades et les toitures jouent un rôle important dans la température intérieure des logements.
Une toiture sombre absorbe une quantité considérable d’énergie solaire tout au long de la journée. Cette chaleur traverse ensuite progressivement les matériaux du bâtiment, même lorsque l’air extérieur commence à se rafraîchir. Les combles et les étages supérieurs deviennent alors particulièrement difficiles à refroidir. Dans les logements mal isolés, ce phénomène accentue fortement la surchauffe estivale. Les habitants ont parfois l’impression que la chaleur reste “piégée” à l’intérieur jusque tard dans la nuit.
Les grandes surfaces vitrées associées à des volets foncés aggravent également la situation. Les fenêtres exposées plein sud deviennent des points d’entrée majeurs pour la chaleur solaire.
Un impact direct sur la consommation d’énergie
Cette accumulation thermique a aussi un coût économique. Plus un logement chauffe rapidement, plus les besoins en rafraîchissement augmentent. Les climatiseurs fonctionnent plus longtemps et consomment davantage d’électricité.
Dans certaines régions très exposées aux fortes températures, la couleur des matériaux devient même un sujet d’urbanisme. Plusieurs villes à travers le monde encouragent désormais les revêtements clairs pour limiter les “îlots de chaleur” urbains.
Le choix des couleurs n’est donc plus seulement esthétique. Il devient une question de confort, de consommation énergétique et parfois même de santé publique lors des épisodes caniculaires.
Repenser les couleurs pour mieux vivre l’été
Face à des étés de plus en plus chauds, architectes et particuliers commencent à adapter leurs choix. Les façades claires, les toitures réfléchissantes et les protections solaires moins absorbantes gagnent du terrain.
Il faut repenser la couleur des façades et opter pour le blanc ou le crème, y compris pour les enduits. Vous pouvez repeindre en blanc avec une peinture spécifique réfléchissante les :
toitures-terrassescirculables ou non, sans graviers,
toitures onduléesen plaques fibres-ciment ou composites,
toitures en aciernervurées
toiture en zinc.
Ceci sous réserve d'interdiction éventuelle par les ABF (Architectes des Bâtiments de France) en secteur protégé, ou de la municipalité en fonction des règles d'urbanisme indiquées dans le PLU (Plan Local d'Urbanisme
Une couleur sombre absorbe la chaleur, alors qu'une couleur claire la repousse. Ce concept ancestral s'applique bien sûr à la maison comme l'ont compris les peuples méditerranéens : il suffit d'évoquer l'habitat traditionnel en Grèce pour le démontrer. Alors que le changement climatique multiplie et amplifie les périodes caniculaires, ce concept redevient d'une évidente actualité. Cette pratique s'inscrit dans la recherche de solutions sans consommation énergétique. La marque Durieu a développé des peintures adaptées aux toitures et aux façades.
Face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de nombreux propriétaires cherchent à savoir comment rafraîchir leur maison sans dépendre uniquement de la climatisation. Parmi les techniques simples et visibles, la toiture blanche fait parler d’elle. Mais cette solution est-elle vraiment efficace pour réduire la température intérieure et limiter les factures d’énergie ? Concerne-t-elle tous les types de toitures?