Linky : pour ou contre ?

Le compteur "intelligent" Linky a fait polémique. Les uns y voient une avancée technologique intéressante, les autres un accessoire risquant de collecter des données personnelles à notre insu. Après un certain nombre d'incidents, les choses sont rentrées dans l'ordre.  

Le relevé des compteurs à distance

À la base, le compteur Linky a été présenté, essentiellement, comme un appareil permettant la relève de la consommation électrique des particuliers à distance, donc sans la présence des intéressés. On peut parler de compteur "communiquant". Un compteur de ce type (dit "compteur électronique") existe depuis de nombreuses années déjà, notamment en Île-de-France. Il n'a jamais fait l'objet d'une quelconque polémique. Nul ne pourra se plaindre de ne pas avoir à attendre pendant des heures un releveur qui, parfois, oublie de passer alors que l'on a pris une demi-journée de congé pour le recevoir. Intérêt également de ce type de compteur : il permet de faire une demande de modification de puissance à distance, sans intervention d'un technicien sur place, en votre présence. 

Un compteur électrique "intelligent"

De compteur "communiquant", à compteur "intelligent", c'est le pas franchi par Linky qui permet de collecter un certain nombre de données sur la consommation des particuliers. Une courbe de consommation permet certes à l'usager d'ajuster le fonctionnement des appareils de son installation.  Elle constitue aussi un indicateur des habitudes de vie de l'intéressé. Il s'agit de données confidentielles qui pourraient être utiles à des entreprises ou à des commerçants pour faire des offres commerciales. En l'état actuel des choses, Enedis (responsable du réseau et installateur des compteurs Linky) a, à ce sujet, une obligation strict de confidentialité. À noter l'adaptation de Linky au système des heures pleines/creuses.

Pas de risque sanitaire

Comme tout appareil communiquant, le compteur Linky utilise des ondes électro-magnétiques pour transmettre les données au fournisseur d'énergie via des antennes relais. Les interrogations sur la nocivité ou l'innocuité de ces ondes est la même que pour celle des  téléphones portables. La communication entre Enedis et le compteur se fait via un "concentrateur" par courant-porteur (CPL). Là encore cette technologie est connue et utilisée dans la maison pour d'autres équipement : transmission des ordres entre thermostat programmable et radiateurs électriques, lien entre une box et la télévision ou d'autres équipements domotiques. Les inquiétudes sur les dangers potentiels des CPL sont les mêmes pour le compteur Linky. Une table de cuissonpas induction est infiniment plus émettrice d'ondes magnétiques. À noter aussi la crainte d'un espionnage sans fondement.

Risques d'incendies et de dysfonctionnements très faibles

Le coup de projecteur donné sur le compteur Linky  a mis en évidence un certain nombre de dysfonctionnements, dont certains aurait conduit à des incendies dans les logements. Quelques sinistres ont été constatés, mais statistiquement reste négligeables au regard du nombre de compteurs installés (37,6 millions en 2025). Une procédure d'installation a été affinée. Il faut tenir compte du fait que ce sont des millions de compteurs de nouvelle génération sont installés (35 millions d'ici fin 2021) ce qui, statistiquement, relativise le nombre des problèmes. Il serait intéressant de connaître quel était la statistique d'incidents de ce type avec les compteurs d'ancienne génération. 

Peux-ton refuser l'installation d'un compteur Linky?

A priori non, puisque le compteur électrique n'appartient pas à l'abonné, mais à la collectivité (commune, communauté de commune, syndicat d'énergie). Le particulier peut refuser l'accès a son compteur existant s'il est sur son domaine privé, et s'opposer de fait à son remplacement, avec pour conséquence de se voir facturé un coût supplémentaire. En revanche, la commune peut s'opposer au remplacement des compteurs sur son territoire. Quelques communes (847 sur plus de 37 000 en 2025) ont pris des arrêtés dans ce sens devant l'inquiétude voire l'opposition de leurs administrés.

Facturation supplémentaire

À partir du 1er août 2025, les abonnés qui n'ont pas demandé ou accepté l'installation d'un compteur Linky sont facturés de 6,48 € HT tous les 2 mois (soit 38,90 € HT par an)et, s'ils ne transmettent pas l'index de consommation depuis plus de 1 an de 4,14 HT.

Article mis à jour le 30 janvier 2026   


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Le compteur d'eau intelligent connecté : de nombreux avantages

Le compteur d'eau intelligent numérique est utilisé pour mesurer et enregistrer la consommation d'eau dans une habitation ou un bâtiment de manière plus précise et plus efficace que les compteurs mécaniques traditionnels, mais surtout permettant de transmettre les informations à distance à la compagnie des eaux. Ce type de compteur utilise des technologies avancées pour fournir un grand nombre d'informations à distance. Il évite d'être présent pour la relève quand le compteur est dans votre partie privative.  À la différence de Linky pour l'électricité et de Gaspar pour le gaz, il n'a pas de nom et ne soulève aucune polémique. 

image

Linky peut-il m'espionner?

J'ai lu sur internet que le compteur Linky pourrait nous espionner et notamment savoir quel appareil électrique j'utilise à quelle heure? J'ai même lu qu'il pourrait y avoir une mini-caméra (on la voit au-dessus du mot "Linky", en haut du boîtier) et un micro dedans (en bas du boîtier. Est-ce que c'est possible? J'ai mis du scotch sur les deux !). Est-ce que je peux demander à réinstaller un compteur ordinaire. Julie

Notre sélection

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

image

Bien régler son thermostat

Faire des économies d'énergie commence bien entendu par le fait de bien isoler son logement, mais aussi en apprenant à régler correctement le thermostat du ou des appareils de chauffage.

image

Isolation des parois : la fin des ossatures?

L'innovation réside dans la suppression des ossatures métalliques rendue possible par l’association d’une plaque de plâtre ultra résistante et d'accessoires de pose brevetés. Le système permet de réaliser un doublage des murs intérieurs sans ossature métallique verticale.   

Les derniers conseils maison

image

Peut-on construire un bunker sous son jardin ?

Un bunker chez soi? C'était la préoccupation de beaucoup de monde dans les années 60, en pleine Guerre Froide, lors de la crise de Cuba ou autres tensions entre l'URSS et l'Occident. Qui aurait pu imaginer que cela redevienne un projet concret et une préoccupation sérieuse dans le premier quart du XXI e siècle? C'est pourtant redevenu d'actualité, avec la commercialisation de bunkers, et ce pour plusieurs raisons : le risque de tempête du fait du dérèglement climatique (notamment aux États-Unis), celui d'incident nucléaire civile avec Tchernobyl  et  Fukushima et enfin le risque militaire avec les tensions diplomatiques et la guerre en Ukraine et en Iran. Et c'est sans compter avec l'inquiétude sécuritaire civile. Les pouvoirs publics s'équipent depuis longtemps d'abris sécurisés contre tous les risques. Pourquoi pas les particuliers?

image

Poser des dalles et de lames vinyles (PVC)

Les dalles et lames PVC plastiques – en vinyle – constituent un revêtement aussi facile à poser qu’à entretenir. Elles se substituent aux dalles vinyle-amiante longtemps utilisées, interdites depuis 1997. Attention : si vous devez déposer des dalles anciennes de ce type, ne les déposez pas vous-mêmes et consultez une entreprise spécialisée dans le désamiantage pour le faire ! Vous pouvez cependant les recouvrir par d'autres dalles ou tout autre revêtement de sol.

image

Limer le métal : choisir la bonne lime et apprendre à limer

Le travail à la lime – "ajustage" en langage professionnel – est un exercice difficile, qui demande un véritable apprentissage. Lorsqu’on est néophyte, il vaut mieux commencer par s’exercer sur des pièces simples (voire sur des chutes). Deux précautions essentielles : porter des gants et des lunettes de protection car la limaille de métal peut causer des blessures importantes. 

image

Pourquoi l’isolation est-elle la priorité absolue en rénovation énergétique ?

La rénovation énergétique s’impose comme la meilleure façon de lutter contre les effets des changements climatique et de faire face à l'augmentation du coît des énergies. Beaucoup de propriétaires donnent la priorité au changement de leur  leur système de chauffage ou d’installer une pompe à chaleur. Pourtant, les experts sont formels : sans une isolation performante, ces équipements ne donnent pas leur plein potentiel.

image

Chauffage au sol : hydraulique ou électrique?

Aux yeux de certains, le chauffage par le sol n'a pas bonne réputation. Le souvenir des plancher schauffants haute température des années 1960 reste présent avec leur lot d'inconvénients : difficulté de réglage et surtout inconvénient sanitaire pour les gens souffrant de problèmes veineux au niveau des jambes. Ces inconvénients ont disparu avec l'arrivées des planchers chauffants basse température. 

image

Chauffe-eau : lequel choisir?

On peut chauffer l'eau sanitaire (pour la salle de bains ou la cuisine) avec  la chaudière, quand on possède un chauffage central et une chaudière à double fonction, ou à l’aide d’un chauffe-eau. Celui-ci présente l'avantage de l'autonomie. Quand on a une chaudière, on préfère souvent installer aussi un chauffe-eau électrique séparé pour éviter le lancement régulier de la chaudière hors période de chauffe.

image

Les fenêtres dans la rénovation énergétique

Dans un projet de construction ou de rénovation, certaines décisions relèvent de l’esthétique. D’autres engagent durablement la performance énergétique du bâtiment. À l’heure de la RE 2020 (Réglementation Environnementale) et dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie, la menuiserie extérieure devient un composant technique stratégique. Isolation thermique, gestion des apports solaires et confort d’été influencent directement les consommations et la qualité de vie sur plusieurs décennies.

image

Aides à la rénovation : les CEE ou Certificats d'Économie d'Energie

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) ont été créés en 2005 dans le but de compléter les aides d'Etat. C'est un dispositif qui n'est pas toujours perceptible et compréhensible par le grand-public. L'État oblige les entreprises qui distribuent de l'énergie (électricité, gaz, fioul, carburant) à dégager des budgets servant à délivrer des primes pour inciter les particuliers et les entreprises à s'équiper pour faire des économies d'énergie. Ce sont notamment les pétroliers, les distributeurs d'énergie, dont les grandes surfaces qui vendent du carburant, les distributeurs de gaz ou de fioul, etc. qui financent ces primes. Mais comment fonctionne réellement ce mécanisme ? Qui le finance ? Et faut-il déclarer les primes aux impôts ?