À la base, le compteur Linky a été présenté, essentiellement, comme un appareil permettant la relève de la consommation électrique des particuliers à distance, donc sans la présence des intéressés. On peut parler de compteur "communiquant". Un compteur de ce type (dit "compteur électronique") existe depuis de nombreuses années déjà, notamment en Île-de-France. Il n'a jamais fait l'objet d'une quelconque polémique. Nul ne pourra se plaindre de ne pas avoir à attendre pendant des heures un releveur qui, parfois, oublie de passer alors que l'on a pris une demi-journée de congé pour le recevoir. Intérêt également de ce type de compteur : il permet de faire une demande de modification de puissance à distance, sans intervention d'un technicien sur place, en votre présence.
Un compteur électrique "intelligent"
De compteur "communiquant", à compteur "intelligent", c'est le pas franchi par Linky qui permet de collecter un certain nombre de données sur la consommation des particuliers. Une courbe de consommation permet certes à l'usager d'ajuster le fonctionnement des appareils de son installation. Elle constitue aussi un indicateur des habitudes de vie de l'intéressé. Il s'agit de données confidentielles qui pourraient être utiles à des entreprises ou à des commerçants pour faire des offres commerciales. En l'état actuel des choses, Enedis (responsable du réseau et installateur des compteurs Linky) a, à ce sujet, une obligation strict de confidentialité. À noter l'adaptation de Linky au système des heures pleines/creuses.
Pas de risque sanitaire
Comme tout appareil communiquant, le compteur Linky utilise des ondes électro-magnétiques pour transmettre les données au fournisseur d'énergie via des antennes relais. Les interrogations sur la nocivité ou l'innocuité de ces ondes est la même que pour celle des téléphones portables. La communication entre Enedis et le compteur se fait via un "concentrateur" par courant-porteur (CPL). Là encore cette technologie est connue et utilisée dans la maison pour d'autres équipement : transmission des ordres entre thermostat programmable et radiateurs électriques, lien entre une box et la télévision ou d'autres équipements domotiques. Les inquiétudes sur les dangers potentiels des CPL sont les mêmes pour le compteur Linky. Une table de cuissonpas induction est infiniment plus émettrice d'ondes magnétiques. À noter aussi la crainte d'un espionnage sans fondement.
Risques d'incendies et de dysfonctionnements très faibles
Le coup de projecteur donné sur le compteur Linky a mis en évidence un certain nombre de dysfonctionnements, dont certains aurait conduit à des incendies dans les logements. Quelques sinistres ont été constatés, mais statistiquement reste négligeables au regard du nombre de compteurs installés (37,6 millions en 2025). Une procédure d'installation a été affinée. Il faut tenir compte du fait que ce sont des millions de compteurs de nouvelle génération sont installés (35 millions d'ici fin 2021) ce qui, statistiquement, relativise le nombre des problèmes. Il serait intéressant de connaître quel était la statistique d'incidents de ce type avec les compteurs d'ancienne génération.
Peux-ton refuser l'installation d'un compteur Linky?
A priori non, puisque le compteur électrique n'appartient pas à l'abonné, mais à la collectivité (commune, communauté de commune, syndicat d'énergie). Le particulier peut refuser l'accès a son compteur existant s'il est sur son domaine privé, et s'opposer de fait à son remplacement, avec pour conséquence de se voir facturé un coût supplémentaire. En revanche, la commune peut s'opposer au remplacement des compteurs sur son territoire. Quelques communes (847 sur plus de 37 000 en 2025) ont pris des arrêtés dans ce sens devant l'inquiétude voire l'opposition de leurs administrés.
Facturation supplémentaire
À partir du 1er août 2025, les abonnés qui n'ont pas demandé ou accepté l'installation d'un compteur Linky sont facturés de 6,48 € HT tous les 2 mois (soit 38,90 € HT par an)et, s'ils ne transmettent pas l'index de consommation depuis plus de 1 an de 4,14 HT.
Article mis à jour le 30 janvier 2026