Le risque d'oubli de la dangerosité de l'amiante
On continue certes d'en parler à propos de grands chantiers de désamiantage comme celui de la Tour Montparnasse, ou de solutions radicales comme la démolition pure et simple de méga-structures comme le CHU de Caen, mais le risque amiante passe au second plan pour ne pas dire aux oubliettes, notamment par le grand public, pour la rénovation de bâtiments anciens, antérieurs à la fin des années 1970 (l'interdiction dans la construction datant de 1977).
Si les professionnels restent (normalement) sur le qui-vive, les particuliers oublient progressivement le risque que constituent la dépose de dalles vinyles aimantées, celle de plaques ondulées de fibro-ciment ou encore de tresses et de coques plâtrées de calorifugeage de canalisation de chauffage ou d'eau sanitaire dans leur sous-sol.
Le décret du 26 mars 2026
La publication du décret du 26 mars 2026 sur la certification des diagnostiqueurs et les nouvelles exigences pour les ventes et locations immobilières s'est faite dans un silence assourdissant. Les spécialistes l'ont certainement noté, mais le moins qu'on puisse dire c'est que la nouvelle n'a pas fait la "une" des publications ou sites professionnels. Il porte pourtant sur un renforcement des compétences des diagnostiqueurs et sur des audits en situation réelle, sur chantier, pour venir à bout des certificats de complaisance accordés par certains d'entre eux.
Une application plus stricte
Toute vente immobilière fait désormais l'objet d'une application plus stricte des décret de 2024 et 2026 avec des méthodes de détection approfondies. Le récent décret impose une certification renforcée, une taçabilité totale, l'utilisation obligatoire de la plateforme numérique d'État et des QR codes, une responsabilité accrue, une mise à jour des anciens rapports. Les lobbies de l'immobilier auraient-ils intérêt à cette "discrétion" pour ne pas perturber le marché de l'ancien?
Le déficit d''information pour les particuliers
Mais qu'en est-il de l'information des particuliers adeptes du DIY, voire simplement enclins à quelques travaux apparemment anodins comme le retrait de dalles vinyles dégradées dans leur entrée où le remplacement de quelques ardoises ou plaques ondulées fibros sur leur couverture ou encore l'implantation d'une fenêtre de toit demandant la découpe de celles-ci?
Ne serait-il pas temps de faire payer des campagnes de communication de sécurité par les industriels qui pendant des décennies ont produit des matériaux empoisonnés par l'amiante, dont la dépose et le recyclage sont entièrement à la charge des particuliers? Je vous laisse juge.
Un article du site, rappelle les dangers de l'amiante et les comportements à tenir dans la rénovation de l'habitat ancien :