Tracer sur le bois

La menuiserie fait appel à des techniques relativement simples, mais qui sont issues d’un savoir-faire traditionnel dont il faut respecter les principes et l’ordonnancement. Le traçage est à la base de tous les travaux de menuiserie. De sa précision dépend la qualité du travail.

Le menuisier débutant a tendance à négliger la précision du traçage, ou à ne pas le respecter exactement au moment des opérations de coupe ou d’usinage. Résultat : les meubles sont bancals, les assemblages ont du jeu. Astreignez-vous à soigner le traçage à toutes les étapes de la réalisation. Un tracé précis, exact et scrupuleusement respecté est une garantie de réussite du sciage.

Le plan

Dessiné sur papier millimétré, le plan permet de concevoir rationnellement une réalisation. Il donne la possibilité de prendre la mesure des difficultés à résoudre et de l’organisation des pièces. Il faut le réaliser à grande échelle, et les cotes doivent y figurer. Punaisez le plan au-dessus de l’établi pour pouvoir le consulter régulièrement.

Bien tracer

Il faut respecter quelques règles générales et se familiariser avec certaines techniques particulières. La pointe à tracer, en acier, permet de réaliser des traits fins et précis.
• Hachurez toujours les chutes et marquez d’une croix les traits de coupe. Utilisez les signes conventionnels pour indiquer les mortaises borgnes ou traversantes. 
• Pour reporter le profil d’une pièce sur une autre, placez les pièces l’une sur l’autre au lieu de recourir à des prises de mesures compliquées. Vérifiez que votre règle est parfaitement droite.

La prise de mesures

Les outils

On utilise le double mètre pliant ou à ruban et le réglet métallique. La prise de mesures doit être précise. Le mètre doit être déplié bien droit et maintenu fermement pendant que l’on marque les repères.

Le crayon pour les repères

• On utilise le crayon plat de menuisier, bien taillé en lame (mais un simple crayon peut convenir), ou la pointe à tracer. Un repère de mesure ne doit pas être un simple point, toujours très peu visible, ni un trait qui manque de précision.
• Pour faire un repère précis, tracez un “V” (la pointe contre la graduation du réglet) ou une croix (prise de mesure au compas).

Le double mètre pliant à 10 branches (ou à 5 branches pour le simple mètre)

Il est en bois, en plastique ou en métal. Il est gradué au millimètre (et, en général, au demi-millimètre pour les dix premiers centimètres). Il est pratique pour mesurer les grandes longueurs, car il est rigide.

Le réglet métallique

Il est réservé aux mesures précises (pour les assemblages, en particulier). Il est généralement percé d’un trou à une de ses extrémités, ce qui permet le traçage des cercles.

Le mètre ruban

Il est moins encombrant. Il est commode pour effectuer des relevés rapides. Il comporte la même graduation que le mètre pliant. De nombreux perfectionnements ont été apportés : enrouleurs et dérouleurs à ressort, graduation sur le boîtier pour mesurer entre deux murs ; rebord métallique pour accrocher l’extrémité ; dispositif d’immobilisation du ruban (on peut ainsi tracer des cercles ou des parallèles). On trouve des modèles triple mètre et certains pouvant aller jusqu'à 5 m.

Le trusquin, l’équerre graduée et le compas

Le trusquin est un outil traditionnel un peu oublié qui comprend un fût, une tige coulissant perpendiculairement dans celui-ci et une pointe au bout de la règle. Il permet de tracer des traits parfaitement parallèle au chant d'une planche, d'une barre, d'un tasseau dont le chant est bien droit.
L'équerre est indispensable pour tracer des angles droits. La fausse-équerre (ou sauterelle) est une équerre réglable, qui permet de reporter tous les angles lors du traçage. Elle peut être également être utilisée pour la prise de mesures.
Le compas du menuisier n'est pas d'une grande précision. Il permet de reporter des côtes, de tracer des cycles ou des parties de cercle. Il permet aussi de tracer, comme le trusquin, un trait parallèle au chant d'une pièce de bois rectiligne.

Le calepinage

• On exécute des prises de mesures et des tracés à différentes étapes de la réalisation. Le calepinage vient en premier. Cette opération consiste à tracer, en grandeur nature, les différentes parties du meuble sur les planches et les tasseaux, ou sur les panneaux de dérivés.
•Pour le calepinage, partez du plan et effectuez le tracé en répartissant au mieux les différentes parties sur les planches. Une bonne répartition permet de réaliser des économies de bois, car les différentes parties peuvent s’emboîter. On comprend tout l’intérêt de dessiner le plan avant l’achat du bois. Vous pouvez même découper le schéma et répartir les différentes pièces pour calculer au plus juste les planches à acheter.

L’établissement des pièces

Après le sciage, il faut pouvoir reconnaître facilement les différentes pièces, afin de ne pas faire de confusion. C’est pourquoi l’on marque chaque élément lors du calepinage. Il existe des signes conventionnels permettant l’identification rapide de toutes les parties. Ces signes d’établissement permettent de reconnaître :
• le parement et le contre-parement (la face la plus belle et la mieux rabotée doit servir de parement) ;
• les montants (gauche ou droite) ;
• les traverses (haute, centrale ou basse).
Il existe en outre un signe particulier pour indiquer un trait de coupe (trait marqué d’une croix). Les différentes pièces peuvent être également numérotées pour faciliter l’identification.

Pour ne pas commettre d’erreur

Au moment du sciage, vous devez reconnaître au premier coup d’œil les chutes des pièces à découper. Prenez l’habitude de hachurer systématiquement toutes les chutes ; cette précaution évite le coup de scie malencontreux qui endommage une pièce et, parfois même, qui vous oblige à la remplacer. D’une manière générale, le sciage se fait toujours légèrement à l’extérieur du trait. Cela permet ensuite d’amener la pièce aux cotes exactes à l’aide du rabot et de la râpe.

Dans le cas où le tracé a placé deux pièces côte à côte, il convient de tenir compte de l’épaisseur du trait de coupe qui varie en fonction de la scie utilisée (voie plus ou moins importante). Faites un essai sur un morceau de bois pour mesurer l’épaisseur du trait.

Les tracés 

Le tracé effectué lors du calepinage doit être exact, afin de réduire au maximum le travail de rectification au rabot ou à la râpe. Il doit être parfait lors de la préparation des pièces pour les assemblages, de façon que le montage final soit d’équerre et qu’il n’y ait pas de jeu. Cela est vrai pour les assemblages simples (mi-bois ou tenon et mortaise), mais plus encore pour les assemblages délicats (queue-d’aronde ou trait de Jupiter).

Théoriquement, si le tracé est correctement réalisé, avec la scie adaptée, il n’y a pas besoin d’ajuster la pièce à la râpe ou au papier de verre après le sciage. Pratiquement, pour les menuisiers amateurs, c’est le plus souvent nécessaire, mais cette intervention doit être réduite au minimum.

Pour tracer des parallèles à un chant

• Utilisez le trusquin après avoir réglé l’écartement. Tracez en tirant l’outil vers vous. Il existe des trusquins à deux pointes de traçage, pour effectuer en une seule fois le tracé des joues de mortaise ou de tenon. Il faut que le chant de la pièce soit parfaitement dressé. 
• Vous pouvez aussi utiliser un compas, en traînant l'une de ses branches le long du chant de la pièce et en traçant un trait avec l'autre branche sur celle-ci.

Pour tracer les angles

• L’équerre sera utilisée pour tracer un angle droit. Les équerres de menuisier comportent un talon qui permet de tracer les angles de 45° (équerre d’onglet).
• Vous pouvez aussi obtenir un angle de 45° à l’aide d’un compas, en traçant la bissectrice d’un angle droit. L’équerre s’appuie sur le chant de la pièce de bois, qui doit être bien dressée.
• La fausse-équerre, qui comporte une lame fixe et une lame coulissante et inclinable, réglable à l’aide d’une vis, permet de relever et de reporter les angles quelconques. La fausse équerre rectifiée comporte une lame mobile sur un rapporteur classique.

Pour tracer les cercles

• Les compas de menuisier permettent de tracer les cercles de diamètre petit ou moyen.
• Le compas de précision comporte une vis de rappel à écrou rapide.Il peut être utile pour certains tracés.
• Une ficelle permet de tracer les grands cercles : à un bout, on attache une pointe, à l’autre bout, un crayon, et on décrit le cercle en maintenant la ficelle tendue.
• Une latte de bois qui pivote sur une pointe sert aussi à tracer les cercles : on perce un trou à l’extrémité, pour passer la mine du crayon qui trace le cercle voulu.

Conclusion 

La qualité du traçage est essentielle en menuiserie, même si ce n'est pas de la haute précision. Tenez toujours compte de l'épaisseur du trait de coupe qui doit toujours être pris en compte à l'intérieur de celui-ci. Il est toujours possible de retirer  du bois (au rabot, à la râpe, à l'abrasif), pas l'inverse !


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Les outils du menuisier

Le bois est un matériau agréable à travailler. Tous les menuisiers amateurs ont éprouvé du plaisir à façonner une pièce de bois pour en faire un meuble ou un objet. N’importe qui croit savoir scier, clouer ou manier la râpe. Mais le travail du bois s’apprend, a fortiori lorsqu’il s’agit de réalisations un peu compliquées qui exigent des traçages et des coupes très précis, un rabotage et des assemblages résistants.

image

Comment choisir et bien utiliser une râpe à bois

La râpe fait partie de la panoplie d'outils à main du menuisier. Apparemment élémentaire, la râpe est en réalité un outil à utiliser avec soin et précaution. Elle doit permettre en effet d'ajuster des pièces de bois, de leur donner une forme précise. Son rendement important conduit souvent à des erreurs irréparable, car s'il est toujours possible d'enlever du bois, il est impossible d'en ajouter... La râpe est un outil plus dangereux qu’il y paraît : le fait que la main tienne directement l’extrémité de la lame constitue un risque qu’il ne faut pas négliger. Travaillez toujours posément, sans précipitation.

image

Bien choisir une scie à bois à main

Opération plus délicate qu’il y paraît, le sciage nécessite des outils bien adaptés au travail et en parfait état. Pour faire du bon travail, il faut disposer de plusieurs scies, dont une ou deux scies à main. Voici quelques conseils pour bien choisir votre outillage

Notre sélection

image

Réparer les WC

La réparation des WC passe très souvent par le remplacement du robinet flotteur. Tuto pour tout vous expliquer

image

Le point sur l'amiante

Si votre  maison a plus de 20 ans, elle peut contenir des MCA (matériaux contenant de l'amiante) ! Pas de panique,  on fait le point dans notre flash news n°3 spéciale  Amiante  et ses  dangers  avec  Christian Pessey

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

Les derniers conseils maison

image

Béton : semelle de fondation pour murets et poteaux

Toute construction mérite un minimum de fondation pour assurer sa stabilité. On parle alors de "semelle" à établir avec le soin nécessaire. Ce genre de "fondation" ne convient seulement que pour supporter une construction légère reposant sur un terrain stable suffisamment drainé.. 

image

Faire un forage soi-même dans son jardin : taper un puits (mise à jour)

Autrefois, chaque jardin avait son puits, qui permettait son arrosage en toutes saisons (ou presque) et souvent l'alimentation en eau de la maison. La nappe phréatique se trouvant généralement à quelques mètres sous le niveau du sol, il était possible de récupérer l'eau avec un seau ou avec une pompe de surface. Les puits ont souvent été bouchés. Il existe une solution simple pour aller chercher l'eau, sans forage important: il est possible de "taper" un puits chez soi, sans grand équipement.

image

La chaux peut-elle être dangereuse?

On vante souvent, à juste titre, les qualités de la chaux dans le bâtiment. Utilisée depuis des siècles, aussi bien dans la restauration du bâti ancien que dans certains chantiers modernes, elle est appréciée pour ses propriétés techniques et son côté plus naturel que le ciment. Pourtant, parce qu’elle est souvent perçue comme un produit “naturel”, ses dangers sont souvent minimisés. Et c’est une erreur. Quel que soit le type de chaux, sa manipulation demande de vraies précautions.

image

Décompte individuel d’eau en immeuble collectif : quels droits pour locataires et copropriétaires ?

Dans de nombreux immeubles collectifs, la facture d’eau reste encore répartie au tantième, (proportion de la part de surface possédée dans l'immeuble) sans tenir compte de la consommation réelle de chaque logement. Une situation souvent perçue comme injuste, notamment lorsqu’un occupant consomme peu mais paie autant que ses voisins plus consommateurs. Pourtant, il existe des solutions pour obtenir un décompte individuel de consommation d’eau, à condition de connaître le cadre légal et les démarches à engager.

image

Refroidir la température intérieure par eau rafraîchie

Alors que les épisodes de forte chaleur s'intensifient, la question du confort thermique devient centrale dans l’habitat. Pourtant, la climatisation traditionnelle n’est pas l’unique réponse : intuis privilégie le concept de confort d’été, une solution plus douce, plus silencieuse et énergétiquement plus sobre.

image

Géraniums : comment les garder beaux tout l’été ?

Incontournables des balcons et des jardinières dès le retour des beaux jours, les géraniums séduisent par leur floraison généreuse et leurs couleurs éclatantes. Faciles à vivre et particulièrement résistants, ils demandent pourtant quelques gestes simples pour rester en pleine forme jusqu’à l’automne.

image

Vos canalisations sont bouchées ? Ce qu'il faut faire en urgence

Une canalisation bouchée, c'est rarement le bon moment. L'eau stagne dans l'évier, les odeurs remontent, et la situation peut vite dégénérer. Avant de paniquer, il existe des méthodes simples à tester chez soi et des signaux clairs qui indiquent qu'un professionnel doit prendre le relais. Ce guide vous aide à distinguer les deux cas, à utiliser les bons outils, et à adopter les bons réflexes pour éviter que le problème ne se répète.