Les problèmes de voisinage sont nombreux, que l'on soit en appartement comme en maison individuelle. Ils se terminent parfois au tribunal, mais d'une façon générale, ils gâchent la vie souvent pendant des mois ou des années, risquant parfois de déboucher sur des conflits physiques. Les uns n'ont parfois pas conscience de gêner, les autres manquent parfois de tolérance. Pour tous il est nécessaire de savoir ce qu'est un trouble de voisine et comment on peut le régler.
Trouble de voisinage : définition juridique
D’un point de vue juridique, le trouble anormal de voisinage est fondé sur un principe autonome du droit civil. Il repose sur l’adage selon lequel "nul ne doit causer à autrui un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage". Ce régime s’applique sans qu’il soit nécessaire de prouver une faute, une intention ou une illégalité.
La jurisprudence évalue le trouble au regard de plusieurs critères : intensité, fréquence, durée, lieu et contexte local. Même une activité autorisée peut engager la responsabilité de son auteur si les nuisances sont jugées excessives.
Cas reconnus de troubles de voisinage
Les tribunaux reconnaissent de nombreux cas de trouble de voisinage, parmi lesquels :
- les nuisances sonores répétées (travaux, fêtes, animaux);
- les nuisances olfactives persistantes (fumées, déchets, élevage);
- les atteintes visuelles ou matérielles (dépôts, plantations, constructions);
- les troubles comportementaux (menaces, intimidations, occupation abusive)
Ces situations peuvent concerner des voisins particuliers, des entreprises, des collectivités ou des syndicats de copropriété.
La négociation amiable : une étape préalable recommandée
Avant toute action contentieuse, la négociation constitue une démarche essentielle. Le dialogue direct, sans agressivité, en toute bonne foi est nécessaire, avant le recours à un courrier écrit en lettre recommandée avec AR et une conciliation de justice, permettent souvent de résoudre le conflit. Cette tentative amiable et une conciliation sont demandée par les tribunaux avant d'engager une procédure.
La constatation du trouble : un élément de preuve clé
La constatation des nuisances est indispensable pour établir la réalité du trouble. Elle peut reposer sur des attestations de voisins, des enregistrements, des rapports techniques ou un constat de commissaire de justice (ex-huissier). Ces preuves permettront au juge d’évaluer le caractère anormal du trouble, son impact réel, son ampleur et le montant d'éventuels dommages et intérêts.
Poursuites judiciaires et sanctions possibles
Quand la conciliation amiable échouent, les poursuites judiciaires peuvent être engagées. Une fois le trouble reconnu, le juge civil peut ordonner qu'il cesse, il peut accorder des dommages et intérêts ou ou ordonner la réalisation de travaux. Le recours à un avocat n'est requis que pour un préjudice estimé à plus de 10 000 €.