Électricité : les fils et les conduits

Le courant électrique est acheminé au point d’utilisation, et donc de consommation, par l’intermédiaire de conducteurs, appelés communément “fils”, qui bénéficient d’une protection visant à la fois à les isoler et à les garantir contre les chocs.

Les conducteurs

Le métal des fils

Seul le métal possède une conductibilité suffisante pour permettre le déplacement des électrons de façon satisfaisante. Le cuivre, le laiton et l’aluminium sont parmi les métaux les plus favorables à ce phénomène, ce qui explique leur large utilisation, mais on trouve aussi l’acier et différents alliages dans certains conducteurs.

Les isolants des fils

Dans tous les cas, le fil doit être isolé, afin d’éviter toute “fuite” de courant, tout risque de mise sous tension accidentelle de carcasse d’appareil, tout risque de court-circuit. Assurée à l’origine par des gaines textiles, cette isolation est aujourd’hui obtenue par des gaines en matière plastique à base de PVC.

Les conducteurs câblés

Ils sont composés de plusieurs fils de faible section, généralement torsadés entre eux, protégés par une même gaine isolante. On les désigne sous l’appellation de "conducteurs à âme câblée".

Cette structure garantit leur souplesse, d’où leur utilisation principale dans le domaine des installations mobiles, autrement dit le raccordement des appareils aux circuits prises par l’intermédiaire de fiches. Ces conducteurs ne doivent en aucun cas servir à la réalisation d’installations fixes, même si l’on trouve dans le commerce des pontets clouables qui leur sont destinés.

Les conducteurs massifs

À la différence des précédents, ces conducteurs forment un fil unique (on les désigne sous l'appellation de "conducteurs à âme massive") de plus ou moins forte section, protégé par une gaine isolante dont la couleur correspond au type d’utilisation (phase, neutre, protection). en fonction du code des couleurs admis en électricité par la norme NF C 15-12.

Du fait de leur structure, ils ont une souplesse très limitée. Ils ne peuvent en aucun cas alimenter des appareils mobiles ou rester apparents dans le cadre d’installations fixes. Il faut, dans ce cas, qu’ils soient placés sous conduits ou sous baguette plastique.

Les câbles multiconducteurs

Cette appellation ne définit pas la structure interne du conducteur, mais le mode d’association de plusieurs conducteurs sous une gaine isolante.
Les câbles multiconducteurs à âme câblée sont destinés aux installations mobiles et à l’alimentation d’appareils de forte puissance, ou imposant la présence d’un conducteur de protection (terre). 
Les câbles multiconducteurs à âme massive, beaucoup plus rigides, permettent la réalisation d’installations fixes apparentes avec fixation par pontets clouables. La rigidité des conducteurs limite les possibilités de courbes (dont le rayon ne doit pas excéder six fois la section du conducteur).

Ils contiennent 3 conducteurs (phase, neutre, terre) en monophasé ou 5 conducteurs (3 phases, 1 neutre, 1 terre) en triphasé.

Il est admis d'utiliser des conducteurs souples dans une installation à condition que les connexions aux extrémités terminales (boîtes de connexions, PC, luminaires, etc.) soient réalisées avec des embouts sertis.

SECTION DES CONDUCTEURS
Intensité maxi Puissance maxi raccordable (sous 220 V) Section des conducteurs
10A 2 200 W 1,5 m2
16A 3 500 W 2,5 m2
20A 4 400 W 4,0 m2
32A 7 000 W 6,0 m2

Les conduits

On désigne sous cette appellation un certain nombre de matériels, parfois très différents les uns des autres, mais qui ont en commun de permettre la protection des conducteurs dans le cadre des installations à poste fixe.

Les conduits tubulaires apparents

Il s’agit, comme leur nom l’indique, de tubes fixés directement sur les murs et les cloisons, dans lesquels passent les conducteurs. À l’origine en métal (aujourd'hui interdit), ces tubes sont désormais en PVC, leur fixation se faisant par des colliers vissants. Ils sont cintrables à chaud, mais on trouve une gamme complète d’accessoires de liaison (coudes, T, manchons, etc.). Ces conduits doivent assurer une protection continue des conducteurs à âme massive. On les utilise parfois de façon discontinue en association avec des câbles multiconducteurs. Assez inesthétiques, ces conduits conviennent pour les caves, les locaux industriels ou certaines pièces humides dans lesquelles la baguette est interdite.

Les conduits tubulaires encastrables

Les conducteurs à âme massive utilisés dans les installations encastrées doivent être protégés par des conduits tubulaires encastrés ou noyés dans la maçonnerie. Là encore, on utilise le PVC au détriment du métal. Une normalisation des conduits encastrables est en vigueur, en fonction des conditions d’utilisation.

Les conduits métalliques

Longtemps tolérés, ils sont aujourd’hui strictement interdits en installation neuves pour les risques évidents d’électrocution qu’ils peuvent engendrer. Ces conduits apparents rigides doivent donc être remplacés par des conduits en PVC chaque fois que c’est possible. 

Distinction des conduits

Les conduits peuvent être posés en apparent, en encastré ou dans les vides de construction. Les systèmes d’installation comprennent les conduits eux-mêmes, mais aussi un certain nombre d’accessoires : jonctions, raccordements, terminaisons, changements de direction. Les conduits et accessoires respectant la norme NF EN assurent des degrés de protection homogènes tout le long des conduits y compris les accessoires. La protection des conduits doit être assurée mécaniquement, sans discontinuité.  Le raccordement des conduits entre eux s’effectue à l’aide des accessoires de raccordement déjà cités. Dans le cas où les conduits sont encastrés, ces accessoires doivent assurer l’étanchéité pendant le temps de prise du béton, du mortier ou du plâtre. Un même conduit peut contenir des conducteurs appartenant à des circuits différents sous certaines conditions.

Un conduit est identifié par:
une couleur (le orange signifiant qu'il peut être conducteur de flamme et que de ce fait il doit être obligatoirement encastré dans la maçonnerie)
deux chiffres indiquant son diamètre extérieur
trois ou quatre lettres indiquant ses qualités
quatre chiffres (de 1 à 4) indiquant ses propriétés

QUALITÉS
Codification Qualité
NF-USE Label de qualité
Chiffre Degré de résistance mécanique
Numéro Référencement
A Annelé
B Blindé
C Cintrable
C Composite
D Déformable
E Étanche
I Isolant
L Lissé
M Métallique non isolant
O Ordinaire
P Non propagateur de flammes
R Rigide
S Souple
T Transversalement élastique

 

  PROPRIÉTÉS  
Chiffres Fonction Signification
1 Résistance à l'écrasement 3 (750 N), 4 (1250 N),
5 (4000 N)
2 Résistance aux chocs 3 (2 J), 4 (6 j), 5 (20 J)
3 Température minimale d'utilisation 2 (-5° C), 5 (-45° C)
4 Température maximale d'utilisation 1 (+60° C), 2 (+ 90° C),
5 (+ 400° C)


Mis à jour le 23/06/2025


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Les principes d'une installation électrique

La vocation d’une installation est d’alimenter des appareils fixes ou des points d’alimentation (prises) pour des appareils mobiles. Pour cela, un certain nombre de conducteurs partent du tableau de répartition, situé après le compteur. Ils permettent de répartir le courant mis ainsi à disposition par le distributeur d'énergie.

image

Installation électrique sous tube plastique

Pour installation électrique   dans les pièces techniques, comme les garages, abris, réduits ou chaufferies, l’esthétique n’est pas la priorité. Les tubes rigides en saillie sont donc parfaitement adaptés car ils assurent une bonne protection des conducteurs . Ils se posent facilement, en un temps record.

image

Règles d'encastrement en électricité

Nous envisageons de réaliser une installation électrique sous conduits encastrés. Quelles sont les règles de base de ce type d'installation?  Jocelyne

image

Comment dénuder les fils électriques ?

Je suis à la retraite et je voudrais me lancer dans des travaux d'installation électrique. J'ai toujours du mal à dénuder les fils : sur quelle longueur, avec quoi? Pouvez-vous m'aider? Albert

Notre sélection

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

image

Bien régler son thermostat

Faire des économies d'énergie commence bien entendu par le fait de bien isoler son logement, mais aussi en apprenant à régler correctement le thermostat du ou des appareils de chauffage.

image

Isolation des parois : la fin des ossatures?

L'innovation réside dans la suppression des ossatures métalliques rendue possible par l’association d’une plaque de plâtre ultra résistante et d'accessoires de pose brevetés. Le système permet de réaliser un doublage des murs intérieurs sans ossature métallique verticale.   

Les derniers conseils maison

image

Chauffage au sol : hydraulique ou électrique?

Aux yeux de certains, le chauffage par le sol n'a pas bonne réputation. Le souvenir des plancher schauffants haute température des années 1960 reste présent avec leur lot d'inconvénients : difficulté de réglage et surtout inconvénient sanitaire pour les gens souffrant de problèmes veineux au niveau des jambes. Ces inconvénients ont disparu avec l'arrivées des planchers chauffants basse température. 

image

Chauffe-eau : lequel choisir?

On peut chauffer l'eau sanitaire (pour la salle de bains ou la cuisine) avec  la chaudière, quand on possède un chauffage central et une chaudière à double fonction, ou à l’aide d’un chauffe-eau. Celui-ci présente l'avantage de l'autonomie. Quand on a une chaudière, on préfère souvent installer aussi un chauffe-eau électrique séparé pour éviter le lancement régulier de la chaudière hors période de chauffe.

image

Les fenêtres dans la rénovation énergétique

Dans un projet de construction ou de rénovation, certaines décisions relèvent de l’esthétique. D’autres engagent durablement la performance énergétique du bâtiment. À l’heure de la RE 2020 (Réglementation Environnementale) et dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie, la menuiserie extérieure devient un composant technique stratégique. Isolation thermique, gestion des apports solaires et confort d’été influencent directement les consommations et la qualité de vie sur plusieurs décennies.

image

Aides à la rénovation : les CEE ou Certificats d'Économie d'Energie

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) ont été créés en 2005 dans le but de compléter les aides d'Etat. C'est un dispositif qui n'est pas toujours perceptible et compréhensible par le grand-public. L'État oblige les entreprises qui distribuent de l'énergie (électricité, gaz, fioul, carburant) à dégager des budgets servant à délivrer des primes pour inciter les particuliers et les entreprises à s'équiper pour faire des économies d'énergie. Ce sont notamment les pétroliers, les distributeurs d'énergie, dont les grandes surfaces qui vendent du carburant, les distributeurs de gaz ou de fioul, etc. qui financent ces primes. Mais comment fonctionne réellement ce mécanisme ? Qui le finance ? Et faut-il déclarer les primes aux impôts ?

image

Rénovation énergétique : retour de MAPRIMERÉNOV' (MPR)

Le spécialiste de la rénovation énergétique pour les particuliers Hello Watt fait le point de la réouverture du guichet MaPrimeRénov' ( principale aide à la rénovation énergétique) en février 2026 après une pause de plusieurs mois du fait de retard de l'adoption du budget par le Parlement, avec un budget de 3,6 milliards d’euros , reprenant les conditions d'attribution antérieures à la suspension budgétaire de ce début d’année avec quelques ajustements. 

image

Peut-on remplacer une chaudière par une pompe à chaleur ?

La pompe à chaleur est aujourd'hui l'une des solutions les plus économiques et écologiques pour remplacer une vieille chaudière. Le coefficient de performance de celle-ci (COP) permet de transformer 1kW de consommation électrique en 3 à 4 kW de chaleur. Certaines pompes à chaleur réversibles permettent d'apporter un rafraîchissement en été. Jean-Pascal Chirat, ancien vice-président de l'AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), Délégué général du Club de l’Amélioration de l’Habitat, répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction. 

image

Un volet aluminium qui protège du soleil et produit de l'électricité photovoltaïque

Utiliser la lumière du soleil, créer de l’ombre, produire de l’électricité : derrière ce triptyque se joue aujourd’hui un enjeu majeur de maîtrise de la facture énergétique. Dans ce contexte, la façade devient un support particulièrement pertinent : elle combine contrôle solaire passif (confort d’été, réduction des charges de climatisation) et génération active d’énergie. Et si votre façade devenait utile, belle… et productive ?

image

Décret tertiaire : pilotage énergétique pour garantir la conformité

Face à l'urgence climatique, le secteur tertiaire porte une responsabilité majeure : réduire drastiquement ses consommations énergétiques. Le décret tertiaire impose des obligations chiffrées aux gestionnaires de bâtiments et la conformité réglementaire devient un enjeu stratégique. Pour y parvenir sans perdre en efficacité opérationnelle, le pilotage énergétique s'impose comme une réponse concrète. Grâce à des systèmes de supervision et de gestion technique des bâtiments, vous pouvez transformer cette contrainte en opportunité d'optimisation durable.