Braser, soudo-braser, souder

 La terminologie concernant l’assemblage à chaud de deux pièces métalliques n’est pas des plus claires, ce qui conduit parfois à des confusions, voire à des erreurs. Tout assemblage par voie thermique de pièces métalliques doit, en principe, être appelé soudage. S’il se fait avec l’apport d’un alliage ou celui d’un métal fusible différent de celui des pièces à assembler, on doit parler de brasage jusqu’à 400 °C, de soudo-brasage au-delà. Dans la pratique, le vocabulaire est beaucoup moins précis et révèle un certain décalage par rapport à cette terminologie. C’est ainsi qu’on parle de soudage à l’étain (ce qui implique l’apport d’un métal) aussi bien que de soudage à l’arc (obtenu sans métal d’apport, à plus de 3 000 °C), de brasage de tubes de cuivre (alors que la température nécessaire est de l’ordre de 1 000 °C) et de soudo-brasage des tubes d’acier (à une température proche de 3 000 °C).

Nous nous en tiendrons ici à la terminologie pratique employée aussi bien par les amateurs que par les professionnels, et non aux définitions du dictionnaire.
• Le soudage à l’étain et le brasage font appel à des alliages d’apport différents. Le soudage à l’étain utilise plus exactement un alliage étain-plomb, à bas degré de fusion.
• Le brasage se fait avec des alliages de cuivre, de zinc, d’argent, au point de fusion relativement élevé, qui garantissent une grande solidité de l’assemblage.
• Le soudo-brasage utilise un alliage à base de laiton, présenté sous forme de baguettes rigides enrobées. Ces baguettes ressemblent à celles utilisées pour la soudure électrique, mais elles servent ici d’électrodes, les pièces s’assemblant sans métal d’apport.
• Le soudage à l'électricité permet un assemblage des pièces de façon autogène.

Le brasage à l’étain

Cette technique peut être utilisée pour tous les assemblages qui ne demandent pas une grande solidité, où pour tous ceux qui concernent des métaux à faible point de fusion. On l’utilise notamment en électricité et en électronique, pour le raccordement des conducteurs, mais aussi en métallerie, lorsqu’il s’agit d’assembler des pièces de zinc, de fer-blanc, etc.

La préparation des pièces

La partie des pièces qui doit être en contact est parfaitement décapée et dégraissée. Le décapage peut se faire à la lime ou à la toile émeri, mais on se contente en règle générale d’appliquer de la pâte dégraissante et décapante présentée en pot ou en tube. Certains fils de soudure comprennent un agent décapant.

La brasure

Improprement appelée “soudure”, la brasure se présente sous la forme d’un fil en bobine ; sa section est fonction de la taille des pièces à assembler. Il s’agit d’un alliage de plomb et d’étain, qui a donc un point de fusion plus bas que celui de l’étain proprement dit.

Le matériel de chauffe

Il s’agit exclusivement du fer à souder, qui permet de transmettre aux pièces à assembler et au fil de soudure une température suffisante, mais pas excessive, pour réaliser le soudage. On a recours au fer à souder électrique ou au fer à souder chauffé par la flamme d’une lampe à souder ou d’un chalumeau. La taille de la panne (extrémité chauffante du fer) est fonction de celle des pièces à assembler.

L’exécution du brasage à l’étain

Les pièces à assembler étant décapées (si la brasure n’est pas à “âme décapante”), préparez la panne du fer à souder, en l’étamant, c’est-à-dire en la couvrant d’une mince pellicule de soudure. Pour faciliter cette opération, le mieux est de travailler sur un bloc de sel ammoniac (ou pierre ammoniacale).
Approchez simultanément la panne du fer et l’extrémité du fil de brasure sur le joint à réaliser, puis tirez un cordon de brasure au fur et à mesure de l’écoulement de celle-ci. Le raccordement de deux pièces de faible épaisseur ne peut se faire que par chevauchement de quelques millimètres ; vous devez alors étamer préalablement les parties qui se chevaucheront, puis réaliser le cordon de brasure.

Le brasage

Il concerne les pièces pour lesquelles l’assemblage n’est possible qu’avec une température assez élevée, supérieure, dans la pratique, à 750 °C. La solidité de l’assemblage est directement fonction de la nature du métal ou de l’alliage d’apport.

La préparation des pièces

Tout comme pour le soudage à l’étain, il faut décaper et dégraisser les pièces à réunir. Le décapant en pâte est ici remplacé par du flux (ou fondant), dont le rôle est essentiellement de neutraliser le processus d’oxydation résultant du chauffage intense des pièces à réunir. En effet, sous l’élévation de la température, il fond et dépose sur les pièces un mince film céramique qui évite l’oxydation. On utilisait traditionnellement du borax en poudre délayé dans de l’eau, mais on trouve aujourd’hui, dans le commerce, du flux tout préparé, généralement en flacon.

Le matériel de chauffe

Vous devrez utiliser une lampe à souder ou un chalumeau, l’un et l’autre alimentés par du gaz butane. Renoncez à utiliser les vieilles lampes à souder à essence, toujours très dangereuses. Suivant le travail à effectuer, vous trouverez des buses à embouts spéciaux permettant de concentrer plus ou moins la flamme et, donc, d’atteindre une température plus ou moins élevée.

La brasure

Elle se présente, comme la soudure, en fils de sections variées, mais aussi en baguette. Il s’agit d’alliages de cuivre, de zinc et d’argent (brasure à l’argent) ou de laiton.

L’exécution du brasage

Les pièces à assembler étant jointives, chauffez le métal avec le dard (partie bleue de la flamme) jusqu’à obtenir une belle coloration rouge cerise. Détournez alors la flamme pour l’approcher de l’extrémité du fil de brasure ; celle-ci doit “filer” entre les deux pièces à assembler (brasure par capillarité). Après refroidissement, grattez l’excédent de brasure et toute trace de flux.

Le soudo-brasage

Il se différencie essentiellement du brasage par la température d’exécution et la nature de la brasure (baguette de laiton enrobée). Cette technique ne concerne donc que les métaux dont l’assemblage requiert une haute température. Il en est ainsi, par exemple, des tubes d’acier galvanisé.
Il faut utiliser un chalumeau nettement plus puissant que ceux à gaz butane ; ayez donc recours au chalumeau bi-gaz, dont la température de chauffe est de près de 3 000 °C, soit environ 1 000 °C de plus que celle du chalumeau ordinaire.

Le soudage à l’électricité

L’investissement relativement important qu’a longtemps représenté l’achat d’un poste à soudure électrique (ou poste à souder à l’arc) a limité le développement de cette technique. L’avantage déterminant du soudage électrique réside dans la très haute température obtenue (de 4 000 à 5 000 °C), qui permet d’effectuer un soudage autogène, c’est-à-dire sans apport de métal, l’assemblage se faisant par fusion des pièces en présence. Cette très haute température résulte de la formation d’un arc électrique entre l’électrode du poste à souder et la pièce de métal travaillée. Cette électrode est composée d’une baguette métallique enrobée d’une matière composite qui joue, en quelque sorte, le rôle du flux en brasage.

L’amorçage de l’arc est l’opération la plus délicate, car l’électrode a tendance à coller au métal. Il faut une certaine habitude pour acquérir le geste correct. Une fois l’arc amorcé, tirez régulièrement le cordon de soudure, en maintenant l’électrode à une certaine distance du métal (trop près, l’arc s’étouffe ; trop loin, il s’interrompt).
Lorsque la soudure est réalisée, grattez le “laitier” (sorte de concrétion blanchâtre) avec une brosse métallique.

ATTENTION : L’arc produit une lumière intense qui peut brûler la rétine. Portez donc toujours un masque ou des lunettes de protection, et, surtout, assurez-vous que personne ne peut regarder l’arc à votre insu ; ne travaillez donc jamais en présence d’un enfant ou, même, d’un animal domestique.

 

 

Partager avec vos amis :


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Assembler le métal à froid

Les pièces de métal peuvent être assemblées à chaud, mais aussi à froid. Les différentes techniques utilisées dépendent de la destination des pièces, de la résistance souhaitée et du métal travaillé. On assemble à froid par collage, vissage et rivetage

image

Travailler le métal

Contrairement à une idée reçue, le travail du métal n’est pas du seul ressort du professionnel. Il est vrai que l’on accorde volontiers à l’amateur une compétence davantage en rapport avec des matériaux plus faciles à façonner que le métal. Pourtant, les occasions ne manquent pas, dans la vie courante, particulièrement lorsqu’on habite une maison individuelle, de mettre en pratique une activité somme toute assez simple, à condition, bien entendu, d’employer et de maîtriser les techniques et le matériel appropriés. Le métal est un matériau qui rebute parfois le bricoleur, car celui-ci le considère comme froid et difficile à travailler, lui préférant le bois. Le métal, pourtant, est plus facile à scier et à usiner, car plus homogène.

Les dernieres vidéos maison

image

QUALITÉ DE L’AIR INTÉRIEUR – VENTILATION DES LOGEMENTS

Qualité de l’air intérieur et maintenance des systèmes de ventilation : duo gagnant en faveur d’un triple enjeu : Santé des habitants, préservation du bâti, efficience énergétique. Ce triptyque de la qualité du logement, largement partagé par le SYNASAV (Syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique) le PLAN BATIMENT DURABLE et l’ADEME a donné lieu jeudi 8 octobre dans les locaux du CSTB à la signature d’une charte d’engagement commune : « Green Deal relatif aux systèmes de ventilation pour une amélioration de la qualité de l’air intérieur dans les logements ».

image

Baromètre Qualitel 2020 (Attention debut du son à 3 minutes)

Le baromètre QUALITEL est une étude à la fois d’une ampleur et d’une robustesse inédites, mais surtout innovante avec la création du Qualiscore. Qualitel et Ipsos se sont donnés les moyens de fabriquer un instrument qui permet d’analyser de façon large et fine aussi bien les cibles que les sujets abordés.

image

C'est quoi un bon artisan ?

Jean-Christophe REPON a été élu , le 2 juillet 2020,  Président de la CAPEB , la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment, succédant ainsi au président Patrick LIÉBUS. Il est maître électricien à la tête d’une entreprise à Toulon dans le Var.

image

Une initiative collective de production et d'autoconsommation d'électricité entre voisins : HARMON'YEU

Au printemps 2020, ENGIE, en partenariat avec la mairie de l’Île d’Yeu et 3 institutions locales, a lancé cette expérimentation innovante d’autoconsommation collective baptisée Harmon’Yeu. Né grâce à la volonté de ses habitants et des autorités locales de s’inscrire dans la transition énergétique, ce projet constitue une première en France dans le fait qu’il intègre plusieurs maisons individuelles productrices d’énergie et une batterie de stockage commune, à l’échelle d’un quartier. Un logiciel intelligent développé spécifiquement par ENGIE pour le projet permet de piloter la répartition de l’énergie produite entre les utilisateurs.

image

Doublage isolant des murs sans ossature : Optimax Habito®

La sortie d'un système de doublage isolant des murs sans ossature combinant le savoir-faire de Placo et d'Isover sans ossature a été accueilli avec enthousiasme tant par les professionnels que par les particuliers intéressé par la rénovation thermique des logement. Le détail du dispositif permet d'en mesurer le caractère révolutionnaire.  

Les derniers conseils maison

image

Maprimrenov : le barème des aides par travaux

Le dispositif MAPRIMRENOV est désormais en place. Le barème d'accès aux aides est formulé sous la forme de 4 catégories pour les particuliers et une 5e pour les copropriétés. Cela va du bleu (pour les foyers les plus modestes, au jaune, violet et rose en montant dans l'échelle des revenus.  Restait à connaître le montant des aides pour les différents travaux et équipements pour les différentes "couleurs" de revenu. Vous les trouverez dans cet article.

image

MAPRIMRENOV : LE BARÈME POUR BÉNÉFICIER DES AIDES

Jusqu’à présent réservée aux propriétaires occupants aux revenus modestes,   MaPrimeRénov' est désormais ouverte à l'ensemble des propriétaires depuis le 1 er  octobre 2020, et ce quels que soient vos revenus, que vous occupiez votre logement ou que vous le mettiez en location. MaPrimeRénov' est aussi accessible aux copropriétés pour les travaux dans les parties communes.

image

Quel type de fenêtre pour votre maison ?

Les fenêtres jouent un rôle à la fois esthétique et fonctionnel. Conçues pour éclairer l’intérieur des pièces à la lumière du jour, elles limitent le passage du froid, de la chaleur et des bruits. Ces dernières fonctions ont pris une importance croissante à cause du coût de l’énergie et de l’intensité des bruits en agglomération et près des routes, voies ferrées et aéroports à fort trafic.

image

Remplacer sa chaudière gaz, passer à la PAC ou à la PAC hybride gaz? Une priorité : l'isolation.

Nous avons une chaudière gaz de plus de 20 ans qu'il faut changer. Après renseignements et devis sur les chaudières gaz THPE nous avons des devis allant du simple au double , pour la même chaudière. Puis nous apprenons l’existence des PAC Air -Eau avec une entreprise qui nous dit que c'est intéressant financièrement , au delà de l'aspect écologique. Une autre entreprise nous dit que cela ne vaut pas la peine de passer du gaz à une PAC air -eau.  Puis en regardant sur votre site , nous prenons connaissance de la chaudière hybride.  Pourriez -vous nous éclairer car nous sommes dans le flou le plus total et ne savons plus à qui nous fier ? C'est une maison individuelle (de 1954) de 80m2, en région parisienne, non mitoyenne, sur 2 niveaux + sous-sol. Une douche, 4 personnes. Isolation intérieure faible épaisseur et double vitrage de + de 10 ans. Nous avons une facture gaz de 1400€ par an pour Chauffage et ECS. Greg

image

Eau de javel sur les tuiles : quels risques?

J'ai une une toiture en tuiles terre cuite et j ai appliqué de la javel dessus pour la première fois. Y a-t-il un risque pour ma toiture et si oui quelle solution appliquer? Nicolas

image

La ouate de cellulose : un isolant à base de papier

La ouate de cellulose est l'un des isolants les plus appréciés pour son caractère biosourcé et ses qualités isolantes, proches de celles des isolants minéraux. On l'utilise principalement en soufflage en vrac dans les combles perdus, mais aussi en panneaux semi-rigides à loger entre les chevrons de la toiture. Elle peut aussi être projetée sur des parois verticales ou sous des rampants.