Le béton armé : ferrailler poteaux, poutre, dalles, linteaux, fondations

Matériau à haute résistance, le béton est néanmoins cassant sitôt que s'exerce sur lui des tensions importantes. Il est particulièrement sensible à la traction. Le remède à cette relative fragilité consiste à placer dans la pièce en béton une armature métallique qui, en la renforçant dans d'appréciables proportions, en fera un matériau de construction idéal, pratiquement inaltérable, permettant de véritables prouesses architecturales, et possédant des qualités de résistance au feu bien supérieures à celles du fer et du bois.

 

Invention du béton armé

C'est une invention française, attribuée à François Coignet (1841-1888) qui aurait eu l'idée d'enrober une armature de tiges métalliques de béton, Il s'agissait de rendre l'ouvrage résistant aux tensions pouvant être exercées sur lui. On l'attribue aussi à Joseph Louis Lambot, (1814 - 1887), ingénieur français.

Ferraillage du béton

La béton est un matériau extrêmement extrêmement dur, mais qui se révèle sensible aux tensions. C'est la raison pour laquelle on place des armatures en fer à l'intérieur des ouvrages pour renforcer leur résistance. Les armatures utilisées pour le béton armé sont des fers ronds, lisses ou tréfilés, dont la section va de 3 à 40 mm. Ces fers, qui doivent être complètement noyés dans la masse du béton, sont disposés de telle sorte qu'ils épousent à peu près la forme de la pièce définitive. Ils seront donc façonnés et associés dans ce but. Leur assemblage se fait par ligature avec du fil de fer recuit (le plus souvent de 5/10 mm de diamètre), serré à la pince.

Façonnage des fers à béton

Il se fait par pliage soit en vue de leur donner une forme spécifique, liée à celle de l'ouvrage, soit simplement pour recourber leurs extrémités afin de faciliter leur ancrage dans la masse du béton. Ainsi recourbés en bout, les fers ne peuvent glisser et sont solidaires de la pièce qu'ils renforcent. Les fers couramment utilisés sont en acier doux, ce qui les rend suffisamment souples pour être pliés sans difficulté. On utilise pour cela une griffe, sorte de barre métallique dotée à ses extrémités de deux encoches de diamètres différents (en principe 5 et 8 mm). Le support de pliage sera constitué d'un madrier de forte épaisseur, dans lequel on plantera des goujons qui constitueront autant de points d'appui pour le pliage des fers.

L'extrémité des fers, on l'a vu, doit être recourbée de façon à former une sorte de crochet. Cette disposition qui vaut surtout pour la réalisation de poutres ou de linteaux doit répondre à des normes précises qui veulent notamment que le rayon de courbure équivaut à quatre fois le diamètre du fer, l'extrémité droite du crochet ayant une longueur égale à deux fois ce diamètre.

La liaison de deux fers en extrémité, visant à leur assemblage dans leur prolongement se fera par ligature, à l'aide de fil de fer recuit, sur une longueur correspondant à quarante fois leur diamètre.

Ferraillage des poteaux en béton

En théorie, le ferraillage d'un poteau ou d'un pilier n'est pas indispensable car c'est la faible résistance à la traction et non à l'écrasement qui rend nécessaire le ferraillage du béton. L'armature qui garnira le poteau ne sera véritablement indispensable que pour le pied du poteau qui, reposant sur le sol, aura de préférence une forme évasée. Les fers ligaturés entre eux y seront disposés horizontalement, formant une sorte de quadrillage. Quatre d'entre eux devront être disposés de telle sorte qu'ils puissent se répartir à la verticale, de façon à former les fers d'armature du corps de poteau. Leur écartement sera maintenu par des étriers en fil de fer recuit afin qu'ils ne bougent pas lors du coulage du poteau (3 à 5 mètres) et la charge qu'il aura à supporter (2 à 3 tonnes). Ces fers auront 5 à 6 mm de diamètre suivant la taille.

Ferraillage des poutres et linteaux en béton

Il s'agit là d'un ferraillage essentiel, ce genre de pièce étant fortement soumise à l'étirement. D'une façon générale, le ferraillage reprend ici la forme de la poutre, étant constitué de quatre fers horizontaux recourbés à leurs extrémités, et d'un certain nombre de cadres remplissant le rôle d'étriers, reliés aux fers horizontaux (dits fers filants) par des morceaux de fil de fer recuit, serrés à la pince. L'espacement de ces cadres sera normalement de 20 à 30 cm ; mais il tombera à 10 ou 15 cm aux extrémités de la poutre. La zone d'effort maximal subi par la poutre se trouvant en sa partie centrale et sur sa face inférieure, on aura avantage à placer dans cette zone plusieurs armatures horizontales, parallèles à l'axe de la poutre, qui offriront ainsi une meilleure résistance à la traction.

Ferraillage des dalles en béton

Le mot "dalle" désigne ici un ouvrage de dimensions importantes, dont l'épaisseur varie entre 8 et 10 cm.
Si la dalle repose directement sur le sol et qu'elle est de petites dimensions (une allée, par exemple), il n'est pas nécessaire de la ferrailler. En revanche, on ferraillera une dalle importante, même si elle repose sur le sol.
Si la dalle est destinée à former un  plancher, reposant librement sur au moins deux appuis ou si elle est encastrée au niveau des murs, elle doit obligatoirement être ferraillée.

Une dalle de ce type sera donc dotée d'un certain nombre de fers qui assureront sa résistance. Si l'on suppose une dalle reposant sur deux appuis, on aura donc un certain nombre de fers longitudinaux (analogues à ceux d'une poutre), appelés "armature de traction", recourbés vers le haut à leurs extrémités. Un certain nombre de fers croiseront ceux-ci, par en dessous, et constitueront les "armatures de répartition". Leur section sera au moins égale au 1/4 de celle des armatures de traction. On aura ainsi une sorte de quadrillage, dont la cohésion sera assurée par des ligatures identiques à celles qui ont déjà été évoquées. En raison de leur faible épaisseur, les dalles seront donc dépourvues d'étriers, les deux nappes d'armatures suffisant à assurer leur résistance. La dalle nervurée, dite aussi dalle à hourdis nervurés, impose une armature plus complexe que celle de la dalle pleine qui vient d'être évoquée. On a ici en quelque sorte l'association d'un certain nombre de poutres et d'une dalle en béton qui, coulées d'un seul bloc, offrent une grande résistance et sont tout indiquées pour les portées importantes. On a donc une nappe d'armatures semblable à celle qui vient d'être évoquée au niveau de la dalle, et un ferraillage semblable à celui des poutres pour ce qui concerne les nervures. La liaison dalle-nervures est renforcée, au niveau de l'armature, par des barres placées horizontalement, proches de la face supérieure de la dalle, appelées chapeaux.

Ferraillage des fondations

Il est possible d'utiliser d'utiliser des armatures toutes faites, placées directement dans les tranchées creusées préalablement. Posez les attentes verticales aux angles des fondations. Elles relient les fondations au reste de la construction.


Ces articles peuvent vous intéresser :

image

Le béton prêt à l'emploi et les bétons pré-dosés

Si vous avez besoin d'un quantité importante de béton vous pouvez vous en faire livrer "prêt à l'emploi", par un camion toupie. À l'inverse, pour de petites qualités, vous pouvez recourir à du béton pré-dosé, en sac de 2 à 30 kg. 

image

Faire du béton (dosage et gâchage)

Le béton est proche du mortier, la seule différence étant l'ajout de graviers lors du gâchage. On peut gâcher à la main pour les faibles quantités, mais on utilise le plus souvent une bétonnière, qui facilite grandement les opérations lorsqu’il s’agit de couler une dalle ou de réaliser des travaux de coffrage importants. Pour une grosse quantité de béton, on aura recours à une livraison par camion-toupie.

image

Les outils de maçonnerie pour le mortier et le béton

Le gâchage du mortier et du béton (c'est-à-dire le mélange du ciment, des agrégats et de l'eau) exige l’utilisation d’instruments appropriés, tant pour la préparation des composants que pour le gâchage proprement dit. Cette opération demande beaucoup de soin car dépend en grande partie la solidité des ouvrages.

image

Béton : semelle de fondation pour murets et poteaux

Toute construction mérite un minimum de fondation pour assurer sa stabilité. On parle alors de "semelle" à établir avec le soin nécessaire. Ce genre de "fondation" ne convient seulement que pour supporter une construction légère reposant sur un terrain stable suffisamment drainé.. 

image

Le gâchage du béton à la bétonnière

L'emploi d'une bétonnière (que vous pouvez louer) s'impose sitôt qu'il est nécessaire de gâcher une quantité relativement importante de béton (coulage d'une petite chape par exemple). Au-delà on commandera le béton par camion-toupie . La bétonnière permet aussi un dosage précis des composants : ciment, sable, gravier et eau.

image

Couler une dalle en béton extérieure

Le béton commence à prendre 2 h environ après avoir été gâché. Il faut donc le couler, le tasser et en lisser la surface pendant cette durée. Divisez les grandes surfaces en sections pouvant être finies sans difficulté dans ce laps de temps. Vous pouvez marcher sur le béton au bout de 3 jours, mais attendez 5 jours avant de le décoffrer et au moins 10 avant de rouler dessus avec une voiture.  

image

Le béton désactivé : est-ce une bonne solution?

Je projette de refaire mon entrée de garage fait en pierres plates qui ont vieilli et se sont fendues par le gel. Que me conseillez vous? On m'a proposé du béton désactivé. Est-ce solide à long terme ou y a-t-il d'autres solutions? Anny

image

Couler les fondations

Le coulage de fondations est presque toujours nécessaire pour assurer la stabilité au sol des ouvrages ; elles peuvent se réduire à une simple semelle de mortier de quelques centimètres d’épaisseur pour un muret ou être constituées de longrines de fortes épaisseurs en béton armé pour les murs porteurs.

image

Faire des dalles de jardin en béton (ciment) soi-même

Les dalles en béton sont une excellente option pour aménager un chemin, une terrasse ou un patio dans votre jardin. Elles sont durables, faciles à installer et peuvent être personnalisées selon vos préférences. Dans cet article, nous allons vous guider étape par étape sur la manière de créer des dalles en béton pour votre jardin.

Notre sélection

image

Un bon bois de chauffage, c'est quoi ? - La brève de Christian PESSEY

Le choix du bois de chauffage est crucial pour assurer un bon rendement énergétique et limiter l'impact environnemental. Mais comment reconnaître un bois de qualité ? Plusieurs critères entrent en jeu : le type d'essence, le taux d'humidité, la densité et la saison de coupe.

image

L'entretien de la chaudière gaz

Christian PESSEY parle  de l’entretien de la chaudière gaz et de votre système de chauffage central. Si vous avez un système par radiateurs ou un plancher chauffant, qui sont alimentés par une chaudière au gaz, vous devez faire entretenir celle-ci une fois par an, que vous soyez locataire ou propriétaire occupant. C’est la même chose pour un chauffe-bains au gaz. C’est une obligation légale. Si vous ne le faites pas, votre responsabilité pourra être engagée en cas d’accident, et vous ne serez pas couvert par votre assurance.

image

Quand faut-il remplacer ses fenêtres de toit ?

Christian PESSEY fait le point sur les signes d'usures qui peuvent pousser au remplacement des fenêtres de toit. En remplaçant vos fenêtre de toit vous ferez des économies de chauffage et vous améliorerez le confort des combles qui en sont équipées.

image

Installer une pompe à chaleur en conservant sa chaudière : la PAC hybride

La pompe à chaleur peut remplacer une vieille chaudière. Il est possible aussi de combiner une PAC avec l'énergie initialement utilisée (gaz ou fioul) : on parle alors de "pompe à chaleur hybride". Comment ça marche? Est-ce intéressant économiquement? Peut-on bénéficier d'aides comme le CITE? Valérie LAPLAGNE, du Conseil d'Administration de l' AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction, en charge de l'émission LA MAISON DE CHRISTIAN TV sur RÉNO-INFO-MAISON.com et les plateformes de podcast.

image

Bien régler son thermostat

Faire des économies d'énergie commence bien entendu par le fait de bien isoler son logement, mais aussi en apprenant à régler correctement le thermostat du ou des appareils de chauffage.

image

Isolation des parois : la fin des ossatures?

L'innovation réside dans la suppression des ossatures métalliques rendue possible par l’association d’une plaque de plâtre ultra résistante et d'accessoires de pose brevetés. Le système permet de réaliser un doublage des murs intérieurs sans ossature métallique verticale.   

Les derniers conseils maison

image

Chauffe-eau : lequel choisir?

On peut chauffer l'eau sanitaire (pour la salle de bains ou la cuisine) avec  la chaudière, quand on possède un chauffage central et une chaudière à double fonction, ou à l’aide d’un chauffe-eau. Celui-ci présente l'avantage de l'autonomie. Quand on a une chaudière, on préfère souvent installer aussi un chauffe-eau électrique séparé pour éviter le lancement régulier de la chaudière hors période de chauffe.

image

Les fenêtres dans la rénovation énergétique

Dans un projet de construction ou de rénovation, certaines décisions relèvent de l’esthétique. D’autres engagent durablement la performance énergétique du bâtiment. À l’heure de la RE 2020 (Réglementation Environnementale) et dans un contexte de hausse des coûts de l’énergie, la menuiserie extérieure devient un composant technique stratégique. Isolation thermique, gestion des apports solaires et confort d’été influencent directement les consommations et la qualité de vie sur plusieurs décennies.

image

Aides à la rénovation : les CEE ou Certificats d'Économie d'Energie

Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) ont été créés en 2005 dans le but de compléter les aides d'Etat. C'est un dispositif qui n'est pas toujours perceptible et compréhensible par le grand-public. L'État oblige les entreprises qui distribuent de l'énergie (électricité, gaz, fioul, carburant) à dégager des budgets servant à délivrer des primes pour inciter les particuliers et les entreprises à s'équiper pour faire des économies d'énergie. Ce sont notamment les pétroliers, les distributeurs d'énergie, dont les grandes surfaces qui vendent du carburant, les distributeurs de gaz ou de fioul, etc. qui financent ces primes. Mais comment fonctionne réellement ce mécanisme ? Qui le finance ? Et faut-il déclarer les primes aux impôts ?

image

Rénovation énergétique : retour de MAPRIMERÉNOV' (MPR)

Le spécialiste de la rénovation énergétique pour les particuliers Hello Watt fait le point de la réouverture du guichet MaPrimeRénov' ( principale aide à la rénovation énergétique) en février 2026 après une pause de plusieurs mois du fait de retard de l'adoption du budget par le Parlement, avec un budget de 3,6 milliards d’euros , reprenant les conditions d'attribution antérieures à la suspension budgétaire de ce début d’année avec quelques ajustements. 

image

Peut-on remplacer une chaudière par une pompe à chaleur ?

La pompe à chaleur est aujourd'hui l'une des solutions les plus économiques et écologiques pour remplacer une vieille chaudière. Le coefficient de performance de celle-ci (COP) permet de transformer 1kW de consommation électrique en 3 à 4 kW de chaleur. Certaines pompes à chaleur réversibles permettent d'apporter un rafraîchissement en été. Jean-Pascal Chirat, ancien vice-président de l'AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), Délégué général du Club de l’Amélioration de l’Habitat, répond aux questions de Christian PESSEY, journaliste de la construction. 

image

Un volet aluminium qui protège du soleil et produit de l'électricité photovoltaïque

Utiliser la lumière du soleil, créer de l’ombre, produire de l’électricité : derrière ce triptyque se joue aujourd’hui un enjeu majeur de maîtrise de la facture énergétique. Dans ce contexte, la façade devient un support particulièrement pertinent : elle combine contrôle solaire passif (confort d’été, réduction des charges de climatisation) et génération active d’énergie. Et si votre façade devenait utile, belle… et productive ?

image

Décret tertiaire : pilotage énergétique pour garantir la conformité

Face à l'urgence climatique, le secteur tertiaire porte une responsabilité majeure : réduire drastiquement ses consommations énergétiques. Le décret tertiaire impose des obligations chiffrées aux gestionnaires de bâtiments et la conformité réglementaire devient un enjeu stratégique. Pour y parvenir sans perdre en efficacité opérationnelle, le pilotage énergétique s'impose comme une réponse concrète. Grâce à des systèmes de supervision et de gestion technique des bâtiments, vous pouvez transformer cette contrainte en opportunité d'optimisation durable.

image

Mur en pierres apparentes : joints qui se désagrègent

J'ai acheté une maison avec un mur en pierre apparentes a l'intérieur (salon) et chaque jour nous constatons un effritement de l'enduit sur une seul zone de la pièce. On y constante également des petits trous a certains endroits laissant penser a un verre ou insecte rongeur. Que pouvons-nous nous faire pour stopper ces effritements sans avoir a tout refaire ?  Marc