Les différentes formes de contreplaqué

Si le placage était connu des Égyptiens et des Romains, l’idée de constituer un panneau composé de fines feuilles de bois semble avoir été concrétisée seulement à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne. On regroupe généralement sous le nom de “contreplaqué” un certain nombre de produits ayant en commun l’assemblage de feuilles ou/et de blocs ou lamelles de bois, permettant d’obtenir des panneaux. Le plus connu et le plus utilisé est le contreplaqué multiplis, mais on utilise aussi largement le latté.

Les formes

Contreplaqué à plis ou multiplis

Il est fait d’un nombre impair de couches de bois (plis) contrecollées. Il doit sa résistance et sa solidité au croisement du fil des feuilles de bois. Le plus simple a trois plis, mais il en existe de très solides, de quinze plis et plus.
La technique de fabrication industrielle est assez complexe. Les feuilles de 3 à 5 mm sont séchées, puis encollées avant d’être pressées à chaud. Les colles utilisées varient avec la qualité du matériau désiré : urée-formol pour les panneaux courants et phénol-formol pour les panneaux résistants à l’humidité. Les panneaux sont ensuite mis aux dimensions et poncés sur les deux faces. Différentes finitions sont possibles (placage de stratifié, etc.).

Disponible en grandes dimensions, solide, assez facile à travailler et décoratif après finition, le contreplaqué multiplis sert à tous les travaux de menuiserie courante et pour l’ameublement. Ce matériau peut être utilisé à peu près comme le bois massif. Il peut être scié, percé et assemblé (par feuillure ou par rainure avec fausse languette). Il tient bien les clous et les vis. Il se colle facilement et supporte le cintrage. Cependant, compte tenu de sa structure, il faut éviter d’utiliser le rabot.
Il existe une large gamme de contreplaqués de différentes épaisseurs. Il faut donc choisir la qualité correspondant au travail à réaliser. Les techniques modernes ont permis de mettre au point des contreplaqués de haute qualité pour l’extérieur et la construction.

Contreplaqué latté

Il est fait de blocs de bois de dimensions variées pris entre deux feuilles de placage contrecollées. L’âme est constituée par des lattes de bois dont l’épaisseur est comprise entre 7 et 30 mm, disposées sur chant, collées entre elles. Le latté est plus lourd que le multiplis, mais il présente une meilleure résistance à la flexion. Le sciage et l’assemblage des panneaux de latté posent parfois quelques problèmes du fait de l’existence de vides entre les blocs qui le composent.

Les deux faces sont en bois dur et mince. On utilise très souvent l’okoumé, facile à débiter en feuilles, et qui présente une finition décorative. Les lattes centrales sont en bois tendre, du peuplier ou du pin ; elles sont disposées à plat, le fil étant perpendiculaire à celui des feuillets.
La technique de fabrication est semblable à celle du contreplaqué. Les bois sont encollés et pressés à chaud.
Le latté est plus cher que les contreplaqués ordinaires. Ses qualités tiennent à sa structure : il est plus proche du bois brut que les autres dérivés du bois ; il est facile à scier, à raboter et à percer. Il tient très bien les vis et les clous.
Les panneaux de latté sont légers et épais. Ils conviennent bien à l’ameublement. On les utilise souvent pour réaliser des armoires ou des buffets. Ils servent aussi à faire des portes planes.
La stabilité dimensionnelle du latté est remarquable ; il se caractérise également par une très bonne tenue à l’humidité. Sa légèreté et sa stabilité en font un support privilégié pour le replacage (finition d’ébénisterie). Les épaisseurs de latté sont assez diverses : 15, 19, 22 et parfois 25 mm. Son seul défaut réside dans la présence occasionnelle de vides entre les blocs, qui peuvent compromettre les assemblages cloués-vissés.

Le panneauté est une variante de ce type de contreplaqué : l’âme est faite de planchettes de bois dont la largeur est supérieure à 30 mm.

Lamellé-collé

C’est un contreplaqué formé de planches de bois triées, séchées en étuve, purgées de leurs défauts et collées ensemble. On les utilise pour les charpentes, mais aussi pour des menuiseries industrielles.

Différentes qualités de placages

En ameublement, les contreplaqués sont plaqués de différentes essences (hêtre, poirier, acajou, koto, moabi, ébène, merisier, érable, chêne, sipo, etc.). Ces placages d’ébénisterie sont de bonne qualité, voire précieux pour le latté utilisé pour la réalisation de meubles.
Le parement des contreplaqués ordinaires est fait de hêtre, de peuplier ou d’okoumé (l’un des bois tropicaux les plus importés). Ces essences permettent d’obtenir un effet décoratif par ponçage et vernissage. Les contreplaqués spéciaux reçoivent une finition pour le coffrage du béton ou pour la résistance à l’humidité.
Lorsque l’on vernit ou que l’on peint un panneau de contreplaqué, il faut passer une couche sur les deux faces pour éviter les déformations lors du séchage.

Normalisation

Le Centre technique du bois (devenu FCBA) donne un label aux panneaux conformes aux normes pour en garantir les caractéristiques. Les contreplaqués destinés à l’extérieur sont marqués CTB-X ou CTB-C s’ils sont prévus pour le coffrage du béton.
Ils se caractérisent tous par une grande stabilité dimensionnelle, meilleure que celle du bois brut. Exposés à des variations normales d’humidité et de chaleur, ils ne bougent presque pas (variation inférieure à 0,2 % en largeur et en longueur).

Attention : présent dans les colles utilisées pour la fabrication des panneaux, le formaldéhyde fait craindre des risques d’allergies, voire de cancers. Il est donc important de veiller à n’utiliser que des panneaux répondant à la norme NF EN 1084 définissant la teneur maximale de formaldéhyde dans les produits. Un étiquetage environnemental avec une échelle de A à E  est en cours de développement. 

 

Partager avec vos amis :


Cet article peut vous intéresser :

image

Les outils du menuisier

Le bois est un matériau agréable à travailler. Tous les menuisiers amateurs ont éprouvé du plaisir à façonner une pièce de bois pour en faire un meuble ou un objet. N’importe qui croit savoir scier, clouer ou manier la râpe. Mais le travail du bois s’apprend, a fortiori lorsqu’il s’agit de réalisations un peu compliquées qui exigent des traçages et des coupes très précis, un rabotage et des assemblages résistants.

Les dernieres vidéos maison

image

L'air, le meilleur des isolants

Pourquoi l'air isole-t'il ? Christian Pessey vous explique en quoi les propriétés de l'air lui confère un tel pouvoir isolant.

image

La qualité de l'air dans la maison

Il est souvent dit que l'air intérieur des maisons est très pollué. Dans cette vidéo, Christian PESSEY, avec l'aide de QUALITEL , vous explique comment identifier ces polluants et comment agir pour en réduire le nombre et donc leur impact sur la santé.

image

Accrocher dans la plaque de plâtre

Christian PESSEY et Eric BARNASSON, Responsable du Pôle marketing Produits & Systèmes chez PLACO® , vous donnent tous les conseils pour accrocher de lourdes charges dans de la plaque de plâtre, et notamment toutes les informations sur la plaque à haute résistance Habito®

image

La laine de verre et la santé

Dans cette interview, Christian PESSEY fait le point avec Florence GAUVIN, expert isolation chez ISOVER sur les risques que représenteraient l'utilisation de la laine de verre et pour en avoir le coeur net, ils ont fait appel à l'expertise du docteur Christian RECCHIA.

Les derniers conseils maison

image

Pose d'une fenêtre PVC en rénovation

On trouve désormais dans le commerce des “blocs-fenêtres” en PVC pouvant se substituer facilement à l’ancienne fenêtre. Si l'on conserve le dormant (cadre fixe) existant, comme ici, on parle de remplacement en "rénovation".

image

Chats et chiens : êtes-vous bien assuré?

Les accidents causés par les chiens, les chats, les chiens et autres animaux de compagnie peuvent vous coûter cher. Votre assurance multirisques habitation ne vous couvre peut-être pas suffisamment. La Fédération Française de l'assurance vient de le rappeler.

image

Un isolant pour toiture-terrasse photovoltaïque

Fabricant d’isolants en laine de roche, ROCKWOOL innove en proposant sa nouvelle solution pour les toitures-terrasses photovoltaïques. Plus performant avec son lambda 38, Rockacier C nu Energy garantit une meilleure isolation, des qualités incombustibles et une parfaite stabilité dimensionnelle.

image

La nouvelle pince multifonctions PST Leatherman

Véritable couteau suisse du bricoleur, cette pince multifonctions est un outil étonnant qui combine 14 outils. Le Bond, petit dernier du génial Tim Leatherman, est une véritable boîte à outil de poche.

image

La pompe à chaleur : l'équipement de chauffage le plus économique

Après son étude sur le chauffage électrique en 2020, l’Association Promotelec publie une étude* relative à la perception des Français sur la pompe à chaleur. Dans un contexte sociétal et énergétique marqué de plus en plus par la pression des contraintes écologiques, la pompe à chaleur apparaît comme un dispositif particulièrement en phase avec les attentes des propriétaires.

image

Éviter les remontées capillaires : caniveau, bande d'arase, drainage, étanchéité, injections

Au-delà des phénomènes phréatiques, les grosses pluies sont la cause principale es remontées capillaires qui humidifient l’intérieur des murs du rez-de-chaussée. C’est un grand classique et si l'on en est victimes on risque de se lancer dans des palliatifs dont la plupart sont des cautères sur une jambe de bois et vont coûter une fortune. Un certain nombre d'opération techniques permettent d'éviter d'en arriver là.